Guerre 40 - 45

Témoignage : Henri Halloy (Rochefort) raconte le travail obligatoire en Allemagne durant la Guerre

publié le:22/05/2020 19:00:00 - mis à jour: 25/05/2020 14:57:29

"Mémoire vive : témoins de guerre" s'articule autour du témoignage de Henri Halloy (Rochefort). Il a connu la Seconde Guerre mondiale, de l'invasion éclaire des nazis au travail obligatoire en Allemagne.

Henri Halloy (Rochefort) avait tout juste 17 ans en mai 1940 lorsque l'Allemagne nazie a envahi le pays. Lui, comme de nombreux jeunes âgés entre 16 et 35 ans, faisait partie du Centre de Recrutement de l'Armée Belge, le CRAB.

Dans la matinée du 10 mai 1940, la Direction du CRAB lance alors l'ordre de départ pour les jeunes concernés comme Henri. Ces jeunes hommes et adolescents se mettent en marche dans une totale improvisation. Ils ont pour mission de rejoindre Binche ou Ecklo « par leurs propres moyens ». Son périple l'emmenera jusque Le Crotoy dans la Baie de Somme (France) où il se retrouvera impuissant face aux Panzers. Fait prisonnié par l'ennemi, il sera relâché et pourra retrouver sa ville de Rochefort.

Le travail obligatoire à Bad Oeynhausen (Allemagne)

 A son retour au pays après sa brève aventure militaire du mois de mai 1940, Henri Halloy découvrira une ville de Rochefort occupée par les Allemands. Très vite, l'occupant met en place un service des volontaires du travail pour faire tourner ses usines qui manquent de main d'oeuvre. Sur base volontaire dans un premier temps, mais ce travail en Allemagne deviendra obligatoire dès octobre 1942 pour les personnes âgées entre 18 et 45 ans. Henri Halloy, 19 ans à l'époque, n'y échappe pas. Il est envoyé à l'usine à Bad Oeynhausen à une centaine de kilomètres à l'ouest d'Hanovre.

Relation épistolaire avec ses parents.

En Allemagne, les conditions de vie et de travail sont assez médiocres. Toutefois, Henri Halloy parvient à entretenir une relation épistolaire avec ses parents. Une manière pour lui d'avoir régulièrement des nouvelles du pays, et de garder ainsi contact avec ses proches à distance. Dans ces lettres, tout ne pouvait pas être écrit ; la moindre information gênante aux yeux des Allemands était censurée, et le courrier n'arrivait donc jamais. 

Des usines prises pour cible par les Alliés

Le déclin progressif de l'Allemagne nazie provoque une détérioration des conditions de vie pour les travailleurs dans les usines allemandes. Peu à peu, le chaos est grandissant dans ces usines où la nourriture devient de plus en plus rare et les contrôles policiers s'intensifient. Ces usines sont aussi prises pour cible par les Alliés, car elles soutiennent l'effort de guerre Nazi. Henri Halloy, au commande d'une locomotive dans la cour de l'usine, échappera de peu à la mort lorsque des chasseurs anglais se sont mis à tirer dans la direction de l'usine.

 

 

Benjamin Mars, Journaliste
benjamin.mars@matele.be

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