La crise covid a impacté divers secteurs, avec des pertes d'emploi. Néanmoins, l'arrondissement de Dinant fait montre d'un petit signe de reprise en mai. Voici les chiffres et l'analyse du Forem.
Par comparaison entre mai 2019 et mai 2020, Le Forem recense 568 demandeurs d'emploi supplémentaires dans l'arrondissement de Dinant. Les tendances sont comparables à la Province de Namur et à la Wallonie. Mais, particularité dans l'arrondissement: on observe une légère amélioration entre avril et mai derniers. Manon Diependael, experte communication au Forem Namur-Brabant Wallon, livre dans cet entretien les tendances et l'analyse des impacts de la crise sanitaire sur l'emploi.
Précision: cette interview évoque principalement la notion de demandeurs d'emploi inoccupés, y compris les jeunes en stage d'insertion, et non les personnes en recherche d'un emploi alors qu'elles en ont déjà un. Le chômage économique temporaire est également exclu de cette notion.
Quelle est la situation dans l'arrondissement de Dinant au mois de mai 2020?
On observe une hausse de la demande d'emploi par rapport à l'année passée. Cela se traduit par 568 personnes demandeuses d'emploi en plus qu'en mai 2020 sur l'arrondissement de Dinant. On est passés d'un taux de 10,4% à 11,5% de demandeurs d'emploi. Effectivement, la crise se fait sentir à ce niveau, surtout qu'habituellement, en cette période, on constate plutôt une diminution de cette demande.
Tous les secteurs sont-ils touchés de la même manière?
Il y a des pics dans certains secteurs. On voit que l'augmentation la plus marquée provient de la branche de l'industrie hôtelière: + 24%. Ensuite viennent les services aux entreprises (le B2B, l'intérim, notamment). Ensuite, on a le commerce de détail, et la quatrième plus forte hausse vient des services aux personnes (coiffeurs, aides ménagers et jardiniers, par exemple).
Une particularité de l'arrondissement: un début de reprise?
Il y a une très très très légère baisse de la demande d'emploi d'avril à mai. Cela peut s'expliquer par la reprise de certains secteurs, la construction en premier lieu. On voit que l'on est passé en avril de 11,7% à 11,5% de demande d'emploi.
Globalement, quels sont les chiffres wallons?
Au niveau de la Wallonie, on a constaté une hausse de 1% de la demande d'emploi en mars, d'environ 6% au mois d'avril et de 7% au mois de mai. Aujourd'hui, il y a environ 206.000 demandeurs d'emploi en Wallonie.
Quels sont les outils développés par le Forem pour aider les personnes ayant perdu leur emploi dans cette crise?
Dans l'urgence, le Forem a tâché de soutenir le plus possible les entreprises qui oeuvrent dans les secteurs essentiels: médical, paramédical, industrie alimentaire, etc. L'idée était de mettre en visibilité leurs recrutements afin qu'ils trouvent le personnel nécessaire pour continuer leurs activités.
Ensuite, on a mobilisé 200 conseillers pour accompagner à distance les primo-inscrits. Ce sont les personnes qui ne se sont jamais retrouvées en situation de demande d'emploi. Ces conseillers essaient d'avoir un contact avec elles dans les 48h pour tenter de leur proposer directement des offres d'emploi si elles souhaient en retrouver un tout de suite, et si elles sont en situation de capacité pour le faire.
Si elles souhaitent plutôt se réorienter ou se faire aider (chercher un emploi, cela ne s'invente pas, il faut avoir son CV, ce sont des techniques à apprendre), alors on rentre dans un processus d'accompagnement plus classique. Mais l'idée en tous cas est de se montrer réactifs et d'avoir un contact très rapide avec ces personnes.
A plus long terme, le Forem va tâcher de travailler main dans la main avec les secteurs. Parce que chaque secteur a été impacté différemment par la crise. Certaines entreprises ont complètement arrêté leurs activités. D'autres, au contraire, ont travaillé plus qu'auparavant. L'idée est de travailler secteur par secteur pour voir quels sont leurs besoins de main d'oeuvre et comment on peut les soutenir au mieux.