Un an après les élections, la majorité est fragilisée, l’opposition est renforcée et les débats souvent tendus au conseil communal.
Un an après les élections communales, l'ambiance au conseil communal de Hamois est loin d'être apaisée. La naissance d'une troisième liste, 7Plus, a profondément rebattu les cartes et installé une opposition plus vive que jamais.
Une troisième liste qui change tout
Sous la précédente législature, la bourgmestre Valérie Warzée-Caverenne et sa liste Ensemble 2018 détenaient une majorité absolue confortable avec 16 sièges sur 19. En face, la liste Vert Demain comptait trois élus.
Mais à moins d'un an du scrutin communal de 2024, un coup de tonnerre éclate : Cédric Bertrand, alors troisième échevin, quitte la majorité pour désaccords internes. Il fonde sa propre liste, 7Plus.
Une décision qui change la donne. Lors des dernières élections, 7Plus décroche six sièges, Ensemble en perd quatre, et Vert Demain ne conserve qu'un seul élu, Lionel Dehalu. Résultat : une majorité affaiblie et un conseil désormais tripartite.
“Un groupe agressif” : des relations qui se crispent
Depuis un an, les débats sont souvent houleux. Les désaccords entre Ensemble et 7Plus sont nombreux, et l'ambiance s'est nettement détériorée. Valérie Warzée-Caverenne explique :
En fait, le départ de Cédric Bertrand est beaucoup plus clair puisque l'opposition, au lieu de la faire en interne, il la fait à sa place, à savoir en face de nous. Et donc en termes de cohésion d'équipe, c'est beaucoup plus sympathique de travailler aujourd'hui autour de la table du collège.
Elle ajoute :
Depuis 2006, je siège au conseil communal. On a toujours eu des relations très cordiales avec l'ensemble des conseillers de l'opposition ou de la majorité et donc avec un esprit constructif. C'est vrai que cette année, un certain groupe est plus agressif et moins constructif. Ce qui n'est pas le cas d'Ecolo.
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Cédric Bertrand, lui, répond :
Par rapport au conseil communal, où il s'est peut-être un peu tendu, il faut savoir que nous sommes représentés dans tous les organismes, aussi bien au niveau de la régie communale autonome que du CPAS, où, là, je dirais que nous avons même reçu des louanges de la part de certains membres de la majorité pour notre travail. Concernant la mauvaise ambiance aux conseils communaux, je pense qu'il faut poser la question à la majorité, étant donné que je ne crois pas que notre communication, qu'elle soit sur les réseaux ou ailleurs, soit agressive. Nous ne faisons pas de coups en dessous de la ceinture.
Des épisodes marquants au conseil communal
Les tensions ont éclaté à plusieurs reprises au cours de l'année. Il y a quelques mois, la majorité a adressé une mise en demeure à la liste, accusée d'avoir violé le secret professionnel dans le dossier de l'Intermarché. Pour la bourgmestre, “il s'agissait simplement de rappeler les règles”. Mais du côté de 7 Plus, l'interprétation est tout autre : “C'était clairement une attaque personnelle”, estime Cédric Bertrand, à qui l'on avait même demandé des excuses publiques.
Autre épisode marquant : le conseil communal de septembre dernier. Les élus de 7Plus quittent la séance à peine entamée pour dénoncer un manque de respect après le décès de leur collègue Christophe Deville. Ce dernier, en fauteuil roulant, assistait d'habitude aux séances tenues à la cafétéria du hall sportif de Natoye, dans une salle accessible. Cinq jours après sa disparition, la réunion se tient à Emptinne, dans un bâtiment non adapté. Pour 7 Plus, un choix “inapproprié et blessant”. La majorité, elle, y voit une sorte d'“instrumentalisation d'un drame”.
“Vert Demain” joue la carte de la neutralité
Dans ce climat tendu, Lionel Dehalu, unique élu de Vert Demain, tente de garder ses distances :
Nous ne nous mêlons pas du conflit entre Ensemble et 7Plus. Nous voulons consacrer notre temps à nos dossiers, pas à ces tensions politiques.
Il reconnaît toutefois qu'il n'est pas toujours simple de se faire entendre face à une majorité dominante et une opposition bien présente.
Des visions différentes sur les dossiers
Sur le terrain, chacun a sa lecture de l'avancement des projets. Pour Cédric Bertrand, “rien ne bouge”, hormis un aménagement piétonnier à Natoye et un projet à Schaltin “dans les cartons depuis douze ans”. La bourgmestre défend au contraire un travail de fond :
On ne peut pas tout faire en un an, mais les choses avancent, notamment sur le dossier des voiries.
De son côté, l'élu écologiste Lionel Dehalu salue une belle avancée :
Le Master Plan de la plaine d'Hubinne est un vrai projet de vision à long terme, jusqu'en 2050.
Une mandature sous tension, mais pas bloquée
Malgré les désaccords, la commune continue de fonctionner. Tous les acteurs politiques s'accordent sur un point : la communication reste difficile.
Certains parlent d'un manque de concertation, d'autres disent qu'il n'est plus possible de débattre sereinement. Pourtant, chacun se dit prêt à discuter. Reste à voir, dans les mois à venir, si les mots pourront ramener un peu de sérénité au sein du conseil communal de Hamois.