Le collège communal dinantais souhaite créer un cabinet politique par, dit-il, souci de transparence. Pour l’opposition, c’est plutôt un aveu d’échec.
« C'est évidemment un aveu de faiblesse, un aveu d'échec. Tout ça avec les deniers publics, c'est scandaleux ! » L'opposition dinantaise n'a pas de mots assez durs pour critiquer la proposition de la majorité de créer un cabinet du collège.
Le collège a en effet fait voter ce lundi au conseil communal la création d'un cabinet politique au service du bourgmestre et des échevins. Si le règlement prévoit l'engagement de maximum quatre personnes, dans les faits, le budget prévu en limitera le cadre à un seul équivalent temps plein.
Le rôle du cabinet sera politique et non administratif, cela comprend notamment la gestion des affaires susceptibles d'influencer la politique générale du collège, le secrétariat du collège et en particulier du bourgmestre ainsi que l'organisation des représentations publiques des membres du collège.
« Vous allez préparer votre campagne électorale avec l'argent public »
C'est peu dire que le débat autour de ce point a été houleux lors de la séance du conseil communal de ce lundi. Pour la liste LDB, Christophe Tumerelle n'a pas mâché ses mots :
Je suis abasourdi par la nouvelle. C'est évidemment un aveu d'échec, un aveu de faiblesse. Après quatre ans, vous constituez un cabinet. Vous allez mettre six mois pour le faire. Il restera un an et demi. Avec l'argent public, vous allez donc préparer votre campagne électorale, c'est ça qui est scandaleux. C'est inacceptable, insupportable, tout ça avec les deniers publics !
On vous épargne la passe d'armes entre l'échevine du personnel, Camille Castaigne, et Christophe Tumerelle pour en venir aux arguments de la majorité.
Outre le fait que ce dispositif est prévu par le code de la démocratie locale, le cabinet serait aussi un retour au cadre qui existait lors de la précédente mandature. Selon Thierry Bodlet, Richard Fournaux disposait d'un secrétariat pour l'équivalent de 7 à 8 jours de travail par semaine, là où lui ne dispose actuellement que d'un ou deux jours.
On voudrait une personne à temps plein, on ne fait que rétablir une situation antérieure. Sous l'ancienne législature, c'était des employés communaux. Comme le cadre est restreint, je pense que c'est mieux d'aller chercher quelqu'un à l'extérieur pour ne pas retirer en plus quelqu'un au cadre.
Plus transparent
Pour la majorité dinantaise, la création d'un cabinet permet une plus grande transparence : plutôt que d'utiliser du personnel communal à des fins politiques, on annonce clairement que le membre du cabinet est engagé pour cela. Joseph Jouan (ID !) ironise :
Tout le monde sait qu'à Dinant, ça ne s'est jamais fait qu'un employé communal envoie des courriers qui n'avaient rien à voir avec l'administration de la ville. La manière de fonctionner du collège est courageuse. C'est une leçon qui est donnée par rapport à ce qui se fait ailleurs, et par rapport à ce qui se faisait avant.
Finalement, le point est voté par l'ensemble de la majorité à l'exception de Laurent Brion qui a voté contre et de Marie-Chrstine Vermer qui s'est abstenue. Pour la liste LDB, Alexandre Terwagne et Alexandre Ghislain se sont également abstenus, les autres ont, sans surprise, voté contre.