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DOSSIER | La seconde main s'ancre dans les habitudes des ménages

publié le:17/09/2024 12:00:00 - mis à jour: 18/09/2024 17:29:42

On l'a vu, le succès de la seconde manche se confirme d'année en année. De plus en plus de ménages préfèrent acheter des objets ou des vêtements d'occasion plutôt que du neuf.

On constate une évolution positive, que ce soit dans le nombre d'ouvertures de boutiques ou dans le nombre d'achats. Si on prend les chiffres de la fédération ressources qui représentent les entreprises circulaires et sociales, on constate une augmentation de 100 à plus de 180 boutiques seulement en dix ans, la Province de Namur à elle seule en compte 25. C'est un chiffre qui répond à une demande et qui témoigne d'un changement de mentalité. Le citoyen a complètement intégré aujourd'hui la seconde main dans ses habitudes d'achat. On écoute Franck Kerckhof, le président de la fédération Res.sources.

Il y a dix ans, l'achat de dans des magasins d'économie sociale était plutôt une démarche commerciale, plutôt à la marge. Aujourd'hui, c'est devenu une réalité pour énormément citoyen. En Belgique et donc forcément dans Wallonie ce constat et s'imprime aussi avec une multitude de boutiques. En fait, cette démarche est elle répond à une demande. Avant, on était sur un achat qui était vraiment principalement un achat de raison et donc un achat lié sur le prix puisque la seconde main c'est plus accessible et moins cher. Aujourd'hui, c'est devenu une tendance. C'est une tendance qui est clairement imprimée, c'est même devenu hype entre guillemets. D'autre part, il y a un côté unique le fait qu'on achète en seconde main. On achète des produits souvent qui ne sont pas des produits en série, et donc il y a ce côté où on se démarque.

Une évolution purement positive ?

Non, parce que qui dit plus de boutique dit plus de besoins en approvisionnement. Et le problème, c'est la concurrence de la fast fashion. Pour vous expliquer le lien, on va partir des chiffres de l'ASBL Terre. On serait récemment passé de 15 % de dons réellement réutilisables à seulement 4 %. Pour vous donner une idée, cela veut dire que sur 100 pantalons déposés, seulement 4 vont pouvoir être réutilisés, mis en magasin et à nouveau vendus.
Le directeur de la fédération pointe la fast fashion comme principal responsable de ce déclin.

L'émergence de la fast fashion et de l'ultra fast fashion, ça a des conséquences, on va dire positives et négatives, même si on voit plus de négatif que de positif. Côté positif, c'est que ça fait diminuer de manière significative les prix des textiles. Maintenant, c'est aussi des textiles de très mauvaise qualité, et donc ça a un impact évidemment sur les acteurs de la zone de la seconde main, de la troisième ou de la quatrième main, puisque de ces textiles non plus une durée de vie aussi longue qu'avant. Et donc forcément, ça fait de plus en plus de déchets, de moins en moins de textiles qui peuvent être réemployés avec une augmentation des acteurs, mais une diminution de la qualité. Mais finalement, les pièces de bonne qualité qui peuvent avoir une deuxième ou une troisième vie mais sont de moins en moins nombreuses au marché. De plus en plus, donc dans de structures des villes font appel aux donateurs pour des dons de qualité.

La seconde main de qualité va plutôt aller vers des plateformes comme Vinted et donc c'est on peut presque dire que les boutiques sont menacées. La filière que l'on connait le plus souvent, c'est d'abord de donner dans l'entourage, puis d'essayer sur Vinted et enfin de donner en seconde main. Pour le président de Ressources, il faut soutenir l'économie circulaire et sociale en précisant qu'il ne s'agit pas juste de magasins de seconde main puisqu'il porte une finalité écologique et sociale.

Des positions politiques ?

La Wallonie s'est effectivement donné comme objectif, via son action Circular Wallonia, d'atteindre les huit kilos de biens à utiliser par habitant par année. Un chiffre assez ambitieux puisque aujourd'hui, on estime qu'on est à deux kilos par habitant par an. Et tant que nous sommes dans les chiffres et les aides, je vous en donne un dernier, toujours selon la fédération Ressources, si on arrêtait aujourd'hui la production de vêtements, nous aurions de quoi habiller l'ensemble de la population mondiale jusqu'en 2050. 

Fiorine Guéry, Journaliste
fiorine.guery@matele.be

 
 

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