Environnement

Gestion durable de forêt : abattage et débardage à cheval pour préserver la nature

publié le:19/09/2023 12:00:00 - mis à jour: 19/09/2023 19:19:16

Gérer sa parcelle de bois de manière durable, c’est tout un art ! A Evrehailles, c'est un travail qui a été réfléchi de la coupe au débardage réalisé par un cheval.

Dans un bois privé d'Evrehailles, près de 600 bouleaux vont être abattus puis évacués. C'est une coupe claire effectuée en quelques jours que le propriétaire et sa fille, Adélaïde Boodts, ne font pas de gaieté de cœur, explique-t-elle. 

Mon père et moi ne sommes pas des coupeurs d'arbres. La biodiversité et la tranquillité du bois sont importantes pour nous. C'était important de laisser de l'espace pour permettre aux arbres de pousser. Dans le cadre de la certification de la gestion durable des forêts, il nous avait été signalé que la nôtre était trop dense.

Des coupes pour favoriser la diversité des forêts

Enlever ces bouleaux permettra de préserver la richesse de 2 hectares de forêt, précise Nicolas Dassonville, chargé de formations à la Société Royale Forestière de Belgique.

L'idée était de mettre en lumière les autres arbres de ce bois. Ces coupes favorisent la production d'autres essences plus nobles que le bouleau. De plus, si nous ne réalisons pas ces coupes, les arbres qui manquent de lumière vont disparaître et nous risquons de n'avoir plus que des bouleaux dans nos forêts.

Le débardage à cheval, une méthode plus respectueuse des sols

L'originalité de la démarche, c'est que c'est Crack, un cheval ardennais, qui va se charger d'évacuer les bouleaux coupés. Gaëtan Pyckhout, Président de l'asbl meneurs, chargée du débardage à cheval, explique que cette méthode ancestrale est plus respectueuse des sols.

Avec le temps et le recul, nous pouvons aujourd'hui constater ce que la mécanisation mal gérée a pu faire comme dégâts dans nos forêts. Par exemple, il y a certains feuillus qui mourraient trente ans après avoir été mal menés au niveau de leurs racines. C'est une des raisons pour lesquelles, nous voulons perpétuer et augmenter le travail à cheval, car jusqu'à maintenant, on n'a pas trouvé mieux.

Crack a 15 ans et travaille depuis 12 ans dans les forêts. Ce cheval peut tirer jusqu'à 40 mètres cubes de bois par jour. Ce spectacle impressionnant est parfaitement complémentaire avec le travail des bûcherons, raconte Robbie Goris, gestionnaire forestier.

Nous devons nous organiser car nous devons tenir compte du travail des uns et des autres. Je fais attention à ne pas bloquer le chemin de Crack lorsque que je coupe des branches. Je dois aussi travailler au rythme du cheval pour une bonne collaboration.

Une fois les coupes terminées, la repousse des arbres pourra débuter. Les endroits vierges seront repeuplés d'essences d'avenir, des variétés plus résistantes aux changements climatiques.

Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

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