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Grève dans l'enseignement : à Ciney, l'Institut Saint-Joseph se mobilise

publié le:10/11/2025 15:04:00 - mis à jour: 12/11/2025 16:46:24

Grève dans l'enseignement : à Ciney, l'Institut Saint-Joseph se mobilise

Ce lundi, les enseignants étaient en grève pour protester contre les mesures du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. À l'Institut Saint-Joseph, la quasi-totalité des élèves sont restés à la maison.

Les classes et les couloirs de l'Institut Saint-Joseph à Ciney étaient vides ce lundi 10 novembre. Sur les 1.905 élèves de secondaire que compte l'école, moins de 50 se sont présentés. Et pour cause : leurs enseignants sont en grève. Olivier Callens, directeur de l'Institut Saint-Joseph :

Nous avons une trentaine de grévistes. Mais, vendredi, nous avions communiqué aux parents que l'école serait perturbée dans son organisation. Je pense que beaucoup de parents ont donc jugé préférable de ne pas mettre leur enfant à l'école aujourd'hui.

Deux heures de cours supplémentaires, sans compensation salariale

Les enseignants protestent contre les mesures annoncées par la ministre de l'enseignement, Valérie Glatigny. Ils dénoncent surtout la mesure polémique qui prévoit d'ajouter deux heures supplémentaires aux professeurs du degré supérieur, sans compensation salariale. Alexandra Lahaut, professeure de français et de religion à l'Institut Saint-Joseph, explique :

Contrairement à l'image de notre métier que veut faire passer le gouvernement, ce n'est pas réellement deux heures en plus mais plutôt 10% de notre temps de travail. Il y a les corrections qui vont avec, les préparations de cours, les conseils de classe, les bulletins, les sorties scolaires... Donc c'est une charge de travail supplémentaire considérable, qui va inévitablement provoquer de la fatigue chez les enseignants.

Si cette mesure augmente la charge de travail pour certains professeurs, elle va aussi engendrer des pertes d'emploi pour d'autres. À l'Institut Saint-Joseph, l'équivalent de six temps-plein, soit 120 heures de cours, sont concernés. Alexandra Lahaut, qui enseigne aujourd'hui à l'Institut Saint-Joseph à temps-plein, risque de perdre des heures de travail. 

Depuis six ans, je m'investis à plus qu'un temps plein dans cette école par choix financier. Je vais probablement perdre mes heures de cours de français l'année prochaine. J'aurai peut-être un mi-temps en tant que professeure de religion, mais je n'aurai plus de temps-plein, c'est certain.

Une mesure de plus

Si l'Institut Saint-Joseph se mobilise, c'est aussi parce que les mesures qui touchent l'établissement ne font que s'accumuler. En 2024, l'école avait déjà perdu une option en technique de qualification. Christophe Gillet, enseignant et délégué syndical :

L'année dernière, on a touché à l'enseignement technique. Ici, on touche au degré supérieur. L'année prochaine, on va toucher à quoi?

Avec cette mobilisation de grande ampleur, les enseignants espèrent faire bouger les choses. Ils seront de nouveau en grève le mardi 25 novembre. 


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La ministre répond

A Bruxelles, ce lundi matin, la ministre de l'Enseignement, Valérie Glatigny, a rencontré une délégation syndicale. A l'issue de cette réunion où chacun a campé sur ses positions, la ministre s'est exprimée au micro de nos confrères de BX1. Elle justifie l'augmentation de la charge de travail des enseignants du secondaire supérieur et plus largement la nécessité de faire des économies : 

Ça ne veut pas du tout dire qu'on ne prend pas en compte la charge de travail pour les profs du secondaire supérieur, mais simplement, on l'aligne sur ce que font les profs du degré secondaire inférieur, sachant que par ailleurs dans le supérieur, il y a une rémunération 25% plus importante. Ce que nous voulons faire collectivement, c'est retrouver la maîtrise de notre déficit, parce que cette année, par exemple, on va payer 350 millions d'euros juste pour rembourser des intérêts sur la dette. Ça veut dire que nous ne pouvons plus prendre de mesures fortes, structurantes, pour soulager nos enseignants. Ce qu'on veut faire, c'est retrouver la maîtrise de notre déficit pour pouvoir à nouveau réinvestir.

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

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