Environnement

Hamois : un réseau de mares agricoles pour favoriser la biodiversité

publié le:20/10/2023 12:00:00 - mis à jour: 26/10/2023 13:38:20

Créer ou recréer des centaines de mares pour développer la biodiversité en Wallonie, c'est le projet de Natagora, l'association de protection de l'environnement. Un chantier a débuté à Schaltin, près de Hamois.

À coups de pelleteuse, une mare creusée dans le sol schaltinois a droit à une seconde jeunesse. Sans l'intervention de Natagora, l'association de protection de l'environnement, la petite étendue d'eau est destinée à disparaitre. Luca Fagan, chargé de mission pour Natagora, explique la situation:

C'est une mare déjà existante qui est envahie par les massettes, soit les roseaux. Cette végétation très dense limite l'accès à l'eau pour certains amphibiens. On assiste alors à un phénomène d'atterrissement. La végétation s'accumule et on finit par passer d'une mare à un bosquet. Dans ce cas-ci, on cure la mare, on enlève la végétation et on recreuse la mare. On profite également de la zone humide située en amont pour agrandir l'étendue d'eau et développer davantage de micro-habitats.

L'association Natagora s'est donnée deux ans pour créer 400 mares en Région wallonne, dont une centaine dans le Condroz namurois. Objectif ? Protéger la biodiversité en créant des milieux favorables à la reproduction des amphibiens, comme le triton crêté, le plus grand et le plus rare de nos tritons.

C'est la star des amphibiens mais l'espèce est menacée et fortement en danger. À proximité de Schaltin, nous avons la réserve naturelle de Rempache où se trouve déjà une population de tritons crêtés ainsi qu'un autre réseau de mares à la ferme de Froidefontaine. Cette multiplication de mares va permettre à l'espèce de se disperser et proliférer.

Avantageux financièrement ?

Pour l'agriculteur qui collabore avec Natagora, les avantages sont nombreux.

La mare va attirer des chauves-souris, des amphibiens, soit des prédateurs d'insectes qui pourraient être nuisibles pour les cultures. Il y a également un aspect économique. Les sols très humides sont, de base, difficiles à pâturer, à faucher et à valoriser. La mare va permettre d'obtenir une prime de la Région wallonne.

Une prime qui varie de 270 à 540 euros par mare, chaque année, en fonction de la nature du terrain.

Creuser une mare, cela draine les alentours et facilite l'activité agricole aux abords, tout en abreuvant le bétail. Cela permet en tout cas d'avoir des réserves d'eaux libres en surface, ce qui n'est pas négligeable, surtout en période de sécheresse.

D'ici quelques jours, le travail d'aménagement sera terminé. Il faudra attendre le printemps prochain pour apercevoir les premiers arrivants.

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

Revoir Le Journal

CDJ

22H30