Politique

Huis clos pour Gims mais pas pour Lidl : Thierry Bodlet s’insurge

publié le:14/10/2025 14:07:00 - mis à jour: 15/10/2025 17:53:49

Les élus dinantais se sont penchés sur deux contrats : l’un avec Lidl, l’autre avec Vibe Xpérience qui organise le showcase de Gims. Un point était à huis clos, pas l’autre, ce qui a fait bondir l’opposition.

Qu'ont en commun Gims et Lidl ? Les deux étaient à l'ordre du jour du conseil communal de Dinant ce lundi. Les deux étaient prévus dans la partie publique de la séance mais à la demande de Richard Fournaux, celui concernant Gims a été débattu à huis clos. Une différence de traitement qui scandalise Thierry Bodlet. 


A LIRE AUSSI : Gims débarque à Dinant pour un showcase exceptionnel


Point 10 de l'ordre du jour. Le conseil communal accepte de prêter gratuitement un terrain communal à la société Lidl pour qu'elle puisse y entreposer des terres pendant les travaux d'extension du magasin. 

 

Thierry Bodlet, dans l'opposition, conteste la gratuité. 

 

Ce privilège qu'on lui donne d'entreposer ses terres sur un terrain très proche de la construction a une valeur réelle. Si ce n'est pas là, il devra peut-être faire des kilomètres. Je ne comprends pas pourquoi on fait un cadeau à Lidl qu'on ne fait pas à d'autres entrepreneurs. 

Richard Fournaux assure que le terrain sera remis en l'état et contre-attaque en rappelant à Thierry Bodlet que, lorsqu'il était aux affaires, il n'a jamais réclamé des charges d'urbanisme en accordant des permis de bâtir. 

 

Le débat n'ira pas beaucoup plus loin, le point est approuvé. Il rebondira quelques minutes plus tard. 

 

Gims à huis clos

 

Point 21 de l'ordre du jour. Pour son dernier dossier de la séance publique, le conseil se penche sur la convention de mise à disposition de l'atelier communal pour le showcase de Gims, le 14 novembre prochain. 

 

Dès l'énoncé du point, Richard Fournaux prend la parole pour annoncer qu'il souhaite le huis clos, contre l'avis de sa directrice générale. 

 

Elle aurait souhaité que ça se passe en séance publique mais je prends mes responsabilités. Nous avons nos contacts avec la production. C'est sur cette base-là que je demande que cela se fasse à huis clos.

Une position qui ne manque pas de faire réagir Thierry Bodlet qui y voit deux poids, deux mesures avec Lidl, « C'est aussi un contrat, c'est exactement la même chose ». Le conseil ne le suit pas et vote le huis clos. 

 

Contacté par nos soins ce mardi, Thierry Bodlet nous annonce qu'il a refusé de voter le point lors du huis clos et considère que ce vote est illégal. 

 

Il y a quand même une législation à ce sujet-là. Quand ça concerne des personnes privées, des personnes physiques, évidemment ça doit être à huis clos, quand ça concerne des sociétés, ça ne peut pas être à huis clos. Et il n'y a pas de dérogation possible. Le vote pour savoir si ça devait être à huis clos ou pas, il ne devait pas exister. Je ne sais pas si je vais aller en recours mais il y a matière à y aller. Et puis, vouloir traiter le dossier à huis clos est-ce que fondamentalement, démocratiquement, c'est normal ? Parce que c'est un contrat de mise à disposition d'un local communal. Ça n'est rien d'autre que ça. Il n'y a pas de raison qu'on soit à huis clos. Le public a le droit de savoir ce qu'il en est.

Pour Richard Fournaux, rien d'illégal là-dedans. C'est au conseil à juger en âme et conscience ce qu'il choisit de traiter à huis clos. 

 

On était amené à parler des signataires de la convention qui sont des gens de la région. La conversation n'a finalement pas porté sur cela mais cela aurait pu. J'ai préféré passer tout de suite à huis clos plutôt que de devoir le déclarer en cours de débat, ce qui est toujours frustrant pour le public qui nous suit. D'un autre côté, Lidl, c'est une marque qui fait partie du domaine public. 

Richard Fournaux précise aussi qu'il n'a rien à cacher. La mise à disposition de l'atelier communal se fait à titre gratuit. Le bourgmestre l'assure : la Ville n'aura rien à payer, elle s'engage simplement à vider le grand hall de l'atelier et à passer un coup de balayeuse. La société organisatrice du showcase est chargée de rendre les lieux dans leur état initial. Richard Fournaux espère avoir quelques compensations pour la Ville, celles-ci seront négociées lors d'une réunion qui a lieu ce jeudi 16 octobre. 

 

 

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

Revoir Le Journal

CDJ

22H30