Danse

L'école de danse cinacienne Ladschool en voyage au Maroc pour parler du droit des femmes

publié le:09/12/2024 16:55:00 - mis à jour: 10/12/2024 17:42:30

Sept élèves de l'école de danse Ladschool, installée à Ciney et Assesse, ont voyagé à Rabat pendant dix jours. Là-bas, elles ont créé un spectacle avec des danseuses marocaines sur le thème du droit des femmes.

Tournée vers l'océan Atlantique, Rabat est la capitale du Maroc. C'est une ville côtière, moderne, qui vibre au rythme de la culture, où sept élèves de l'école de danse cinacienne Ladschool ont voyagé début novembre. Pendant dix jours, elles ont imaginé des chorégraphies avec des danseuses marocaines, sur un thème bien particulier. Lison Bovy, 19 ans, fait partie des danseuses qui ont participé au projet.

On a abordé plusieurs questions autour du droit des femmes. Par exemple, il y a un tableau dans lequel on a exprimé la prise de parole de la femme dans la société, qui n'est pas toujours évidente. On a aussi travaillé sur un tableau qui exprimait le contrôle et la manipulation qu'une personne peut avoir sur une autre en jouant des marionnettes.

Les danseuses ont entre 15 et 23 ans. Elles ont été sélectionnées par l'école Ladschool pour participer à ce projet culturel et artistique, explique Emmanuelle Fosseprez, collaboratrice pour l'école de danse Ladschool.

Comme on connaît bien nos élèves, la sélection s'est faite assez naturellement. On a pensé directement à plusieurs jeunes pour participer au projet, autant pour leurs qualités techniques en tant que danseuses, mais aussi pour leurs valeurs et leur humanité.

Une thématique en pleine évolution

A la fin du séjour, les danseuses ont présenté un spectacle d'une heure dans le chapiteau de l'école nationale de cirque Shems'y, devant une centaine de personnes. Une opportunité unique de rassembler sur scène les différents partenaires du projet à travers le mouvement, la musique et la parole. Selon Emilie Maillen, directrice de l'école de danse Ladschool, la collaboration entre les différents acteurs fut plutôt aisée. 

Je pense qu'il y a une réelle volonté d'évolution concernant les droits des femmes, tant au Maroc qu'en Belgique. En plus, on est dans une période où la Moudawana, qui est le code de la famille marocain, doit vivre des changements. C'est notamment pour cette raison qu'ils ont marqué un intérêt pour travailler sur cette thématique.

Pour aborder cette thématique plutôt sensible, les danseuses belges se sont préparées pendant plus d'un an, avec le soutien notamment du Centre d'Information et de Documentation pour les Jeunes (CIDJ) de Rochefort. Julie Sacré en est la coordinatrice.

On est allés voir une pièce de théâtre avec le groupe de danseuses à Bruxelles, Classement sans suite, qui évoque les poursuites judiciaires sur les affaires de viol. On est aussi allés voir un spectacle au Delta à Namur, Festival Queer. L'objectif était de créer une ouverture autour de la thématique du droit des femmes en Belgique. 

S'exprimer par la danse

Pour les participantes du projet, la danse était un moyen de s'exprimer sur cette thématique délicate grâce au langage universel du corps, remarque Lison Bovy.

Cela m'a permis de me poser des nouvelles questions et de voir la chose différemment. J'ai trouvé cela très intéressant de l'aborder via la danse car elle permet d'exprimer des choses qui ne sont pas forcément faciles à exprimer avec des mots. 

C'est la première fois que l'école de danse Ladschool, qui fête ses 10 ans cette année, organise un tel voyage à l'étranger avec ses élèves. Une expérience unique qui aura, sans aucun doute, marqué les jeunes danseuses.

Élisa Sidérius, Journaliste
elisa.siderius@matele.be

 
 
 

Revoir Le Journal

CDJ

22H30