Carte blanche

"La Belgique compte trop de structures inutiles et coûteuses"

publié le:08/05/2020 10:56:00 - mis à jour: 08/05/2020 17:32:20

Francis Henry de Frahan

Francis Henry de Frahan, entrepreneur, partage sa vision et ses inquiétudes pour le monde après le coronavirus. Il prône notamment le retour à un service civil pour les jeunes, garçons et filles.

Francis Henry de Frahan est un entrepreneur dinantais, fondateur et directeur de l'entreprise de haute technologie Mécasoft, située à Anhée. Il a, entre autres, présidé la Maison du Tourisme de la Haute-Meuse et l'UCM, l'Union des Classes Moyennes, de la Province de Namur. 

Carte blanche de Francis Henry de Frahan: Quel monde voulons-nous pour demain?

Et ce qui devait arriver, arriva, …

Nos vieux élastiques, mis en place par des bricoleurs, claquent l'un après l'autre…

Pourquoi?  Prévisible?  Que faire maintenant?

Beaucoup d'entre nous vivent ou vivaient bien, et d'autres n'avaient pas cette chance…

Que s'est - il passé ces dernières semaines ? 

Nous étions performants et nous avions une relative confiance dans ceux que nous avons portés à de trop nombreuses fonctions, utilisant l'énorme chance de pouvoir « élire » ceux qui nous représentent à tous les niveaux (même s'ils sont beaucoup trop nombreux…).

Un petit VIRUS, inconnu par ici, et venant de nulle part (peut-être) est venu presque tout casser en peu de semaines.

Comment cela a-t-il été possible ?

Pour beaucoup, Il semblait que nous étions organisés, respectés, soutenus. Nous étions presque dans un monde idéal.Souvent, nous étions même conscients que l'on pouvait faire mieux et beaucoup plus pour nos moins chanceux et moins gâtés par la vie.

CORONA s'est invité sans prévenir et nous a fait découvrir qu'il fallait modifier nos échelles de valeur

Nous sommes encore en vie et cela nous semble tellement naturel que nous n'y faisons plus trop attention.En fait, nous avons joué avec le feu, la vie et la nature, depuis longtemps et certains continuent à le faire malgré ce qui est vécu aujourd'hui.

Mais, ce n'est pas à moi de donner des leçons. Je pense, quand même, que nous sommes nombreux à être respectueux des valeurs qui nous ont été inculquées par nos anciens et nos amis.

Mais il y a encore des personnes qui se croient au-dessus des consignes reçues.

Qu'est-ce qui ne va plus ?

Le beau modèle de vie que nous avons soutenu et construit avec l'Europe entière depuis la 2ème guerre mondiale s'est fissuré gravement. J'étais fier de notre pays, de son histoire, de sa démocratie, de son intelligence, de sa créativité et des résultats de tout cela. Je pense que nous sommes capables de nous ressaisir si tous s'y mettent et vont dans le bon sens.

Mais, c'est là que mes craintes refont surfaces.

La Belgique a été capable de mettre en place récemment les «Pouvoirs Spéciaux» et, c'est ce qu'il fallait faire.

Et, dès maintenant, la basse politique refait surface.  Au lieu de travailler ensemble et dans la même direction, la plupart de nos politiciens s'écharpent déjà. Honte sur ceux-là. La désunion Nord-Sud réapparait et on se déchire à nouveau pour des broutilles rétrogrades.

La relecture complète de notre Histoire récente serait bien utile pour tous. S'il y a encore bien sûr des sujets sensibles, il faudra en parler mais ce n'est pas le moment. Chacun veut mettre en avant la ou les faiblesses des autres. Inutile et contre-productif.    

Mais, partant du principe qu'il doit encore y avoir des gens intelligents chez nous, cela devrait marcher.

En tant que petit entrepreneur, ces discours inutiles depuis longtemps sont de la perte de temps. En tant que partenaire dans diverses structures régionales ou locales non politiques, je ne vois pas l'utilité d'une telle complexité sur ce qui a été mis en place.   

Des structures trop nombreuses

Nos structures sont trop nombreuses par la volonté idiote d'anciens décideurs et les actuels semblent figés et ne font rien de constructif tant qu' il y a le risque de déplaire à leurs «amis». Bonjour le coût et l'inutilité (donc l'inefficacité).

La Belgique n'a pas le droit de souffrir de cela pour le seul plaisir des EGO de beaucoup, dont le salaire et les avantages soi-disant mérités pénalisent nos structures. 

  • Quelques chiffres seraient à ressortir (ce n'est pas ma spécialité) :
  • Que coûtent nos administrations ? (à comparer avec les pays voisins)
  • Combien celles-ci pompent-elles directement dans les entreprises ?
  • Combien celles-ci pompent-elles sur chaque feuille de paie ?
  • Quel est le détail (et la somme) des frais alloués à l'ensemble de la classe politique élue?

J'ai bien une idée sur les réponses car je lis beaucoup sur ce qui nous touche et je sais calculer.

Les pouvoirs spéciaux devraient aller jusqu'à repenser complétement l'Organisation du Pays et sans tabou

Tous me diront que je rêve mais c'est la seule solution. Qu'ai-je à proposer puisque l'on m'en donne l'occasion?

Je suis tout petit mais je réponds:

Il faut partir du principe que la Belgique a tout ce qu'il faut pour redevenir un beau et grand pays.

  • Des travailleurs courageux, réalistes et bien formés.
  • Des entrepreneurs et des chercheurs très compétents.
  • Des valeurs humaines fortes et porteuses dans toute la population.
  • Des enseignants motivés et de grande valeur (mais combien de ministres ?)
  • Un système de santé de très grande qualité (mais combien de ministres ?)
  • Une forte (et trop grande) administration = gaspillage.

Mais alors, qu'est ce qui mine notre pays? Les principales réponses sont déjà ci-dessus mais j'en ajoute d'autres.

Puisque l'on me demande de rêver, rêvons ensemble.

Au risque d'effrayer, j'ai 68 ans et je suis un nostalgique du service militaire (mais pas de la guerre, mais bien du «service») et remplaçons le mot «militaire» par «civil» , c'est déjà mieux. Donc, je continue mon rêve par une notion de «service civil». Mon expérience de 15 mois en uniforme m'a bien éclairé sur la force et les possibilités contenues discrètement chez des jeunes qui étaient obligés de passer un an sous les drapeaux. Oublions cela, mais gardons les avantages et principalement l'expérience des «formateurs».

J'ai enseigné à toutes les catégories de militaires en fonction et j'ai compris là-bas, qu'à tous les niveaux, , il n'y avait que des gens bien et curieux et qui ne demandaient qu'à comprendre ce qu'on leur enseignait. Quelle belle période pour moi. Quelle richesse d'avoir pu vivre cela. Trop de jeunes, filles et garçons, sont laissés à l'abandon dès la sortie de l'école (souvent trop tôt). Ils manquent de repères et d'encadrement pour avancer dans la vie. Un service civil, même rémunéré, par exemple dans des hôpitaux, ne pourrait qu'être positif pour tous, même 6 mois. Bien d'autres lieux pourraient aussi leur être ouverts.

Je prends en exemple : « service civil dans des hôpitaux »; durée de, par exemple, 6 mois.

Pour qui? : filles et garçons.

Qu'y faire? :  aider et surtout constater qu'ils ne sont pas seuls sur terre et que souvent ils ont de la chance d'être en bon état. 

Aujourd'hui, il semble que les règles «vitales» liées au Coronavirus soient respectées, c'est déjà une belle réussite mais on peut encore mieux faire.

Le but est de comprendre que notre qualité de vie à venir dépend aussi de chacun.

En faisant cela, les intéressés rentreront dans le jeu et intègreront les règles sociétales.

Je rêve: pas trop…

Je suis administrateur d'une IFAPME. Des jeunes, ou moins jeunes, de leur propre volonté s'inscrivent à divers cours et sortent avec une formation, des règles professionnelles, des contacts, etc… leur vie plus agréable avec un avenir possible peut démarrer. Quel déclic manque-t-il à certains ?   C'est là qu'il faut chercher, mais ce déclic existe chez beaucoup puisqu'ils remplissent déjà les salles des cours proposés. Et la place ne manquera pas pour les recevoir.

Je rêve, peut-être oui et tant mieux. Et si ce rêve n'est pas facile à concrétiser? Alors, on réfléchit et on analyse le pourquoi de cette difficulté d'entrainer des jeunes à la vie en Société. En souriant, on dit souvent qu'apprendre à se lever tôt est déjà une nvictoire.

Pourquoi j'insiste? J'ai fait cela il y a 40 ans et ça marchait mais c'était dans une caserne, ce n'est plus d'actualité mais les principes sont les mêmes. On peut aussi réfléchir de la sorte en pensant aux migrants. J'en connais peu, mais je suis persuadé qu'ils viennent en apportant plus de choses que celles qu'ils souhaitent recevoir. Eux, ont connu des mondes dont nous n'imaginons même pas la souffrance. Pensez aux Italiens qui sont arrivés ici il y a plus de 50 années et nous ont beaucoup apportés. Imaginez notre monde actuel en supprimant ce qu'ils ont faits et apporté (courage, valeurs, etc…). 

Mais alors, que font donc les politiques? Je ne dis pas qu'ils ne font rien, mais le font-ils bien? Que fait-on dans un cabinet de politiciens, on cherche le bien privé ou le bien commun ?

Rassurez-moi.           

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La rédaction

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