Europe

La commission européenne va-elle revoir sa directive " Artifices et pyrotechnie " en s'inspirant du Pyro-pass, initiative Benelux ?

publié le:16/05/2024 10:10:00 - mis à jour: 16/05/2024 18:26:13

Le SPF Economie travaille sur la problématique des feux d’artifices et la sécurité publique. Avec le Pyropass, il espère inspirer l'Europe pour sa future révision de la directive qui concerne cette activité

Si on vous dit feu d'artifice, vous pensez peut-être fête ou célébration. Mais de plus en plus souvent, certains évoquent aussi les nuisances sonores et environnementales. D'autres rappellent les soucis de sécurité. Mais on ignore souvent que le potentiel explosif du matériel d'artifices utilisé est détourné à des fins criminelles. La Belgique, avec les Pays-Bas et le Luxembourg, ont mis en place un outil pionnier en cette matière : Le Pyropass. Une sorte d'autorisation d'achat d'artifices dangereux, détaille Séverine Waterbley, présidente du comité de direction du SPF Economie :

Le Pyropass, c'est un peu comme le Carpass. C'est une initiative Benelux, c'est-à-dire qui s'applique au sein du Luxembourg, de la Belgique et des Pays-Bas et qui permet d'acquérir des feux d'artifice en fonction des différentes catégories.

Pierre-Yves Dermagne, ministre fédéral de l'Economie rajoute :

On voit que c'est un secteur qui de plus en plus et infiltré par des multinationales du crime avec clairement l'utilisation, la production et l'utilisation de certains feux d'artifice avec vraiment un marché parallèle avec des produits qui ne sont utilisés par aucun professionnel, par aucun artificier, mais qui trouve des débouchés et clairement ses débouchés. C'est dans le le milieu illégal, c'est dans la criminalité, trafic de drogue, intimidation. Et donc on doit vraiment clarifier ça. 

Une législation commune aux 27 pays membres de l'Union européenne

L'enjeu de la réunion de travail d'aujourd'hui s'inscrit dans la perspective de révision des textes de la directive européenne en cette matière par la prochaine Commission européenne. La Belgique aimerait voir la future Commission s'inspirer du travail déjà réalisé au niveau du Bénélux, explique le ministre fédéral. 

C'est bien entendu la volonté de montrer que sur la base d'un exemple d'un cas concret qui fonctionne bien, porté par les trois pays du Benelux. On peut effectivement espérer une législation européenne avec, dans les 27 pays États membres, les mêmes politiques, les mêmes manières de traiter ces produits, les légaux, et de les encadrer, de les contrôler et de faire la chasse aux produits illégaux.

À la tribune de cette journée de travail, la police néerlandaise, qui a réalisé une étude approfondie sur l'utilisation criminelle des explosifs pyrotechniques, le représentant de l'association pyrotechnique belge a évoqué les problèmes liés au volet récréatif de l'activité, ses perspectives et alternatives techniques visant à diminuer ses nuisances dans le cadre festif.
 

Isabelle Martiat Journaliste
isabelle.martiat@matele.be

 

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