Le plan d’allègement fiscal a finalement été voté par le conseil communal dinantais. Jugé «archi light» par l’opposition, il prévoit des exonérations ou des diminutions pour un montant de 140.000€.
Le climat était très tendu au conseil communal de Dinant ce lundi. L'opposition qu'on avait vu assez peu critique envers la nouvelle majorité semble avoir adopté une nouvelle stratégie depuis le déconfinement. Désormais, comme elle le précise elle-même, « elle ne laisse plus rien passer ». Le dossier qui illustre le mieux cette nouvelle attitude: la relance après la crise du coronavirus.
Ce lundi, le plan d'allègement fiscal repassait en seconde session après l'échec du mois de mai. La majorité dinantaise n'avait plus droit à l'erreur si elle voulait bénéficier des compensations wallonnes. Pour obtenir les 30.000€ promis par Namur, le plan devait être voté avant le 30 juin.
Un plan proche de celui présenté en mai
Par rapport au projet de mai, le plan n'a que peu évolué. Il prévoit toujours la suppression des taxes sur les enseignes et les débits de boissons. Pour les taxes réduites, on est passé d'une diminution de 40% à une diminution proportionnelle à la période de fermeture. Cela concerne la taxe sur les kayaks, sur les terrains de camping et celle sur les séjours. En tout, la majorité estime que ces mesures coûteront 140.000€.
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L'opposition, c'est le moins que l'on puisse écrire, n'est pas du tout convaincue par le texte. Christophe Tumerelle et Victor Floymont se relaient pour dire tout le mal qu'ils pensent du plan proposé:
C'est pire qu'en mai! C'est archi, archi light. Vous n'avez pas fait grand-chose depuis le dernier conseil communal. En mai, on était à une diminution de 40% des taxes, maintenant avec la proportionnelle, on est redescendu à 25% pour certaines taxes. En plus, pour tout le reste de l'année, les commerçants devront payer, vous ne voulez pas comprendre que la relance est très lente.
Le bourgmestre, Axel Tixhon, ne cache pas son agacement:
Oui, il y a des différences entre les secteurs puisque la durée d'arrêt n'a pas été la même pour tout le monde. Derrière notre plan, il y a une logique. De votre côté, parfois, on rase tout gratis, parfois vous réduisez de 60%. Pourquoi 60% ? On ne sait pas. Ce qui est important pour nos commerces, c'est d'avoir de l'activité!
La majorité dinantaise le rappelle, elle veut garder des moyens financiers pour d'autres actions de relance. Laurent Belot, l'échevin du commerce, résume:
C'est le comportement de la cigale, qui dépense tout sur l'été, et celui de la fourmi. Nous nous sommes placés dans l'optique de la fourmi, on compte pour pouvoir durer.
Le texte est finalement voté majorité (à l'exception de Marie-Christine Vermer que ses colistiers considèrent de moins en moins comme membre de la majorité) contre opposition.
Pas de chèque pour tout le monde
Autre point de discorde: l'attribution d'un chèque aux citoyens dinantais à valoir dans les commerces de la commune. L'opposition a manifestement regardé l'actualité cinacienne et aimerait offrir 10€ à tous les citoyens. Cela injecterait 135.000€ dans l'économie locale.
La majorité prévoit pour sa part de faire voter en juillet, lors de la modification budgétaire, l'octroi d'un chèque (dont le montant reste à finaliser) aux seuls citoyens qui pourront justifier d'une perte de revenus pendant le confinement. La mesure est estimée à 150.000€.
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Christophe Tumerelle juge le procédé indigne:
Il n'y a pas d'aide à la population, vous demandez à la population de venir se déshabiller devant vous. Ils vont devoir prouver leurs pertes! Vous n'avez pas de plan de relance.
Pour justifier le choix de la majorité, Laurent Belot cite l'économiste Etienne de Callataÿ qui qualifiait la mesure fédérale d'octroi d'un chèque de 300€ pour relancer l'horeca, d' «inefficace, démagogique et idiote».
Il est plus efficace de concentrer les moyens sur les personnes touchées par la crise.
Le point proposé par l'opposition d'un chèque de 10€ est donc refusé, majorité (à l'exception une nouvelle fois de Marie-Christine Vermer) contre opposition.