Enseignement

Unique en Wallonie, la spécialisation en agriculture biologique en sursis à la HEPN de Ciney

publié le:07/10/2022 14:35:00 - mis à jour: 09/10/2022 01:56:27

La spécialisation en agriculture biologique de la Haute École de la Province de Namur est en sursis. Cette filière, unique en Wallonie, a failli fermer par manque d'élèves.

Créée en 2015, la spécialisation en agriculture biologique de la HEPN peine à séduire et c'est un euphémisme. Pourtant, c'est la seule du genre à exister en Wallonie. Cette année, ils n'étaient que cinq étudiants à avoir choisi ce cursus destiné principalement aux agronomes qui souhaitent compléter leur formation. Ce manque d'élèves et d'intérêt pour la filière a fait hésiter Richard Fournaux, député provincial en charge de l'enseignement, à poursuivre ou non cette spécialisation d'un an.

Cette spécialisation a été mise sur pied à la demande des secteurs professionnels comme l'industrie alimentaire et le monde agricole. Malgré cela, nous n'arrivons pas à convaincre suffisamment d'élèves de s'inscrire dans cette filière extrêmement particulière. Par ailleurs, nos autres bacheliers connaissent un succès croissant.

Le directeur du bachelier en sciences agronomiques de Ciney, Thibaut Fiasse, ne comprend pas le manque d'engouement:

Pour remplir l'ensemble des charges d'enseignement, il faudrait accueillir quinze étudiants. On n'a jamais atteint ce nombre depuis 2015.

Dernièrement, l'opposition Écolo a porté ce problème sur la place publique par l'intermédiaire entre autres de France Masai, cheffe de groupe au Sénat:

On a été alertés de cette situation. On est d'avis que l'agriculture biologique est l'agriculture d'avenir. On est évidemment inquiets que la seule spécialisation de ce type puisse fermer. On interrogera le conseil provincial la semaine prochaine mais aussi la ministre de l'enseignement pour voir de quelles manières l'enseignement pourrait mieux se structurer autour du bio.

Une organisation à revoir

Faut-il revoir l'organisation de la filière et l'adapter à un autre public ? La Province s'est donnée une année de réflexion, poursuit le député provincial Richard Fournaux:

Est-ce que ce sont des gens qui travaillent déjà et qui préfèreraient un horaire décalé ? Ou faut-il intégrer la spécialisation dans le bachelier initial ? Tout cela doit être étudié avec les spécialistes de l'enseignement et avec ceux qui gèrent les cordons de la bourse à la Province de Namur. L'organisation de l'enseignement a un coût et il faut en parler sans tabou !

L'émoi suscité par la fermeture possible de la section a eu le mérite d'attirer de nouveaux étudiants en quelques jours à peine. Pour cette année scolaire, ils seront finalement huit à suivre ce cursus d'agriculture biologique. 
 

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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