Agriculture

Les formations et les études en agronomie peinent à attirer, Ciney fait exception

publié le:14/09/2026 15:22:00 - mis à jour: 15/09/2026 10:52:27

À Ciney, la rentrée du bachelier en agronomie de la HEPN est encourageante, avec 25 % de nouveaux étudiants en plus. Cette tendance contraste avec la baisse des inscriptions observée dans la filière en Wallonie

Ils et elles découvrent leur auditoire pour la première fois. Cette année, une soixantaine d'étudiants entament leur bachelier en agronomie à la Haute École de la Province de Namur (HEPN), à Ciney. C'est déjà la troisième rentrée dans les nouveaux bâtiments de l'établissement. Thibault Fiasse, directeur du bachelier en agronomie, se réjouit:

On a même, à la même date que l'année dernière, 25 % d'étudiants en plus de nouveaux étudiants. Donc je suis relativement satisfait ce matin.

Cette hausse des inscriptions à Ciney ne reflète toutefois pas la tendance générale. Dans de nombreux établissements wallons, les formations agricoles et horticoles rencontrent de plus en plus de difficultés à attirer des étudiants. C'est le constat dressé par Camille Herben, ancienne coordinatrice de l'initiative Wasabi 2.0, qui a réuni des acteurs de l'enseignement et de la formation dans le secteur horticole.

Dès la première rencontre, est ressorti un constat partagé par toutes et tous : peu importe le niveau d'enseignement et où en Wallonie, il y avait une difficulté croissante à avoir le nombre d'apprenants souhaité dans chacune des filières.

Cette baisse des inscriptions pose également la question de la relève dans le secteur agricole. La population agricole vieillit et une partie importante des exploitants arrive progressivement à l'âge de la retraite.

Plus d'un tiers a dépassé l'âge de la retraite et n'a pas de relève. Il y a donc un besoin vraiment important de créer une relève qui doit passer par des filières de formation.

Une agronomie bien plus large que l'image de la ferme

Pour Thibault Fiasse, l'une des difficultés vient aussi de l'image encore associée à l'agronomie. Le secteur ne se limite pourtant plus à la production agricole.

L'agronomie garde une image peut-être centrée autour de la ferme ou du monde agricole, mais qui est bien plus vaste que ça, avec des métiers très diversifiés qui attendent nos futurs diplômés. 

À Ciney, les étudiants peuvent ainsi s'orienter vers trois domaines : les productions animales et végétales, l'agroalimentaire et les biotechnologies, ou encore l'environnement. Une diversité qui se retrouve dans les motivations des nouveaux étudiants. Certains souhaitent travailler dans le secteur agricole, d'autres sont davantage attirés par les sciences, la biologie ou les enjeux environnementaux.

Face à la baisse des inscriptions, les acteurs de l'enseignement cherchent donc à mieux faire connaître les différentes possibilités de formation. Pour la première fois, les établissements de la filière étaient notamment réunis sur un même stand lors de la Foire de Libramont. Une application a également été développée pour aider les jeunes à trouver une formation en fonction de leurs envies, de leur niveau d'études et de leur localisation. L'objectif est de montrer que les débouchés sont nombreux et que l'agronomie peut mener à des métiers très différents.

 

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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