Les autorités communales dinantaises ont un plan pour relancer le commerce local, l'un des secteurs les plus impactés par les mesures de confinement. La suppression de certaines taxes est notamment prévue.
Dinant est une des premières villes wallonnes à concrétiser son plan de relance du commerce local suite à la crise sanitaire. Les autorités communales comptent réaliser un effort de plus de 400.000€ au profit d'un secteur très fortement touché par les mesures de confinement. Pour y arriver, la Ville va notamment supprimer certaines taxes comme celle sur les enseignes ou encore celle sur les débits de boissons. D'autres taxes, quant à elles, seront réduites. C'est le cas pour les embarcations et les campings.
Car c'est un fait, Dinant devra se serrer la ceinture et faire des économies à différents niveaux, comme le détaille Axel Tixhon, le bourgmestre dinantais:
On a déjà réussi à faire des économies au niveau du personnel parce que certains postes n'ont pas été remplacés. Les subsides prévus pour les manifestations de cet été, on va les récupérer, puisqu'elles sont annulées.
En plus des mesures fiscales, les autorités dinantaises veulent également booster l'économie locale d'une autre manière. Dans les semaines à venir, les futurs clients des commerces dinantais pourront acheter des "tickets cado" par l'intermédiaire du site www.boncado.be. Laurent Belot, l'échevin en charge des commerces, explique le principe:
Si un client achète un bon cadeau d'une valeur de 25€, la Ville offre 5€ pour un total de 30€. Une somme à dépenser dans n'importe quelle enseigne dinantaise.
Un "ticket parking" sera également mis en place, il permettra aux clients de se garer gratuitement dans Dinant pendant sept jours, après avoir effectué des achats dans la cité des Copères. L'autre mesure tant attendue par les cafetiers de la Croisette, c'est la prolongation de l'exploitation des terrasses jusqu'à la fin de l'année, contre fin octobre en temps normal.
Le confinement fait mal à la commune
De son côté, l'opposition juge ces mesures trop frileuses et l'effort fourni par la Commune trop prudent. Victor Floymont, conseiller communal:
Ils auraient dû préconiser l'exonération des taxes à 100%.
Il ne faut pas oublier que le confinement a aussi un impact sur la trésorerie communale. La perte financière a été estimée pour le moment à 300.000€ en matière de taxes et redevances dont le stationnement, la taxe de séjour, la taxe sur les spectacles et les divertissements ainsi que la taxe sur les terrasses. Ce montant pourrait grimper si le confinement venait à durer plus longtemps que prévu.
Paradoxalement, la réaction la plus virulente à la présentation de ce plan émane des bancs de la majorité: de Marie-Christine Vermer. En fin d'après-midi, la conseillère a publié sur les réseaux sociaux son calcul, en dénonçant ce qu'elle estime être un mensonge de la part du collège:
La vérité a ses droits et le Collège semble l'ignorer....
Dans ce texte, elle affirme entre autres que 180.000 € proviennent d'un manque à gagner de la Ville, que l'effort réel serait de 145.000 €, et que des mesures de relance comme les chèques cado seraient surtout alimentés par les clients. Globalement, pour la conseillère:
Nous sommes très très loin des 400.000 € annoncés comme aide aux commerçants. Si j'ai pris la peine de ce récapitulatif, c'est, je l'avoue, parce que j'ai été écœurée de voir l'effet d'annonce et de constater que le collège considérait comme aide aux commerçants le manque à gagner de la Ville face aux dégâts du coronavirus ( stationnement, etc...). Dans la situation actuelle, ceci est indigne.
Le bourgmestre Axel Tixhon avait toutefois déclaré que la somme ne serait atteinte que moyennant d'autres économies:
On devra encore gratter dans les tiroirs durant le deuxième semestre de l'année pour retrouver d'autres économies, en frais de fonctionnement par exemple.