Le village de Purnode est divisé à cause d'une histoire de sifflet. Le quotidien des villageois et des employés de la brasserie est marqué par un long sifflement qui énerve certains.
De Purnode, on retient son église, sa célèbre brasserie du Bocq et surtout, son sifflet. Ces quelques secondes bruyantes marquent le début du travail des employés de la brasserie, la pause de midi ainsi que la fin de la journée. Ce son est devenu une tradition au grand dam de certains nouveaux habitants du village. Irène, par exemple, lui reproche de sonner trop tôt:
Évidemment, à midi, je suis réveillée. Mais parfois, à 7h30, il fait office de réveil-matin forcé. Mais bon, on fait avec. Quand je suis arrivée dans le village, on m'a tout de suite prévenu que le sifflet faisait partie intégrante de Purnode.
La brasserie purnodoise est confrontée aux plaintes ces dernières années. Xavier Yernaux, le responsable de la production, est bien conscient des nuisances occasionnées:
C'est vrai que c'est bruyant et que cela s'entend dans tout le village. C'est sûr qu'à 7h30 du matin, certaines personnes sont ennuyées par le son.
D'après les anciens du village comme Jean-François, purnodois depuis 1975, ce sifflet rythme le quotidien des habitants.
J'ai toujours connu ce sifflet. Même quand j'habitais à Dorinne, je l'entendais de là-bas. Tous les fermiers aimaient le son parce qu'il leur donnait l'heure. Mais les nouveaux habitants, cela les dérange. Ils n'ont pas l'habitude. Je ne vois pas pourquoi ils rouspètent pour le sifflet et pas pour les cloches de l'église qui sonnent toutes les heures.
"Touche pas à mon sifflet"
Cet été, la Brasserie du Bocq a voulu mettre de l'eau dans sa bière pour faire taire les détracteurs.
On a raccourci la durée du sifflement et cela n'a pas plu à tout le monde. On a assisté à une levée de boucliers à la dernière kermesse du village.
Des boucliers sous forme de main levée et un slogan qui fait choc, "Touche pas à mon sifflet", lancé par le comité de la kermesse de Purnode, dont Philippe Kips est le président:
Quand je travaillais encore, je savais si j'étais en retard ou non pour le boulot en me fiant au sifflet. C'est un truc qui est purnodois, qui est à nous !
Les anciens sont tellement habitués au son qu'ils ne l'entendent même plus.