Le millésime 2026 s'annonce prometteur, même si quelques pluies seront encore nécessaires avant les vendanges. Au-delà de cette récolte, les vignerons voient surtout la Belgique confirmer son potentiel viticole
Sur les rives de la Meuse, dans le domaine du Château Bon Baron, les grappes affichent déjà une belle maturité. Pour Jeannette van der Steen, la vigneronne, le soleil de ces dernières semaines a largement contribué à cette évolution.
Aujourd'hui, nous avons de superbes grappes, beaucoup de grappes aussi.
La chaleur a accéléré la maturation des raisins. Elle a aussi limité le développement des maladies, particulièrement redoutées dans les vignobles. Ces températures élevées ont toutefois obligé les viticulteurs à revoir certaines de leurs habitudes. Certaines tailles ont été retardées afin d'éviter de fragiliser les vignes en pleine période de chaleur.
Nous avons laissé toutes les feuilles autour des grappes. Elles leur apportent de l'ombre et c'est beaucoup plus frais. Si on taille au mauvais moment, on crée des blessures et la plante perd davantage d'eau.
Un microclimat favorable en bord de Meuse
Le Château Bon Baron bénéficie également d'un atout supplémentaire. Implanté sur les rives de la Meuse, le vignoble profite d'un microclimat qui limite les écarts de température et atténue les épisodes de forte chaleur.
La Meuse fonctionne comme un régulateur. Quand il fait très chaud, elle apporte de l'air plus frais autour du fleuve. Quand il fait très froid, elle restitue aussi de la chaleur.
À une dizaine de kilomètres de là, au Château de Bioul, l'optimisme est partagé... mais reste mesuré. Si le soleil a permis d'obtenir des raisins particulièrement sains, les prochaines semaines seront décisives, comme le confirme Vanessa Vaxelaire.
Si la pluie arrive à partir de la mi-août, cela peut être une très jolie cuvée. Le soleil a fait son travail, la floraison s'est bien passée et l'état sanitaire est bon. Le principal risque aujourd'hui, c'est le manque d'eau. Sans pluie d'ici les vendanges, les raisins resteront petits et contiendront peu de jus, même si la qualité pourrait être au rendez-vous.
Une Belgique de plus en plus favorable à la viticulture
Au-delà du millésime 2026, les vignerons constatent aussi que le climat belge évolue. Longtemps réputé surtout pour ses vins effervescents, le vignoble wallon produit désormais aussi des blancs, des rosés et même des rouges.
La bulle reste une référence en Belgique, mais les vins tranquilles ont aujourd'hui toute leur place. Petit à petit, les choses se mettent en place. Je suis convaincue que la Belgique est une terre à vin, y compris pour le vin rouge.
Les vendanges diront si les promesses de l'été se confirmeront dans les bouteilles. Une chose semble toutefois déjà se dessiner : année après année, la Belgique affirme un peu plus son identité de terre viticole.