Environnement

Les Chemins de Fer du Bocq dans l’impasse, sans alternative aux pesticides pour désherber les voies

publié le:17/05/2024 07:00:00 - mis à jour: 18/05/2024 14:44:16

Interdits depuis 2019 dans l'espace public, les pesticides sont acceptés dans le secteur ferroviaire qui bénéficie d'une dérogation. Mais cette dernière prend fin le 30 juin pour les trains touristiques.

À l'aube de la saison estivale, les bénévoles des Chemins de Fer du Bocq sont inquiets. Le 30 juin prochain, il leur sera interdit d'utiliser des pesticides pour désherber les voies ferrées. À l'heure actuelle, les alternatives écologiques manquent encore d'efficacité, souligne Jean-Pierre Désirant, chef de ligne à Spontin:

 

Infrabel a essayé d'utiliser des systèmes à vaporisation d'eau bouillante. Mais premièrement, ce n'est pas efficace, il faut recommencer toutes les trois semaines. Deuxièmement, cela consomme énormément d'eau et de mazout pour chauffer l'eau en question. C'est un peu le serpent qui se mord la queue, l'environnement n'y gagnera rien.

 

L'interdiction des pesticides dans l'espace public date en réalité de 2019 en Wallonie. Mais depuis, le secteur ferroviaire bénéficie d'une dérogation du gouvernement. Cette dérogation se termine le 30 juin pour les chemins de fer à vocation touristique et fin septembre pour Infrabel, le gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire belge.

 

S'il y avait une solution écologique efficace, je serais le premier à applaudir. Mais on est toujours en train de la chercher !


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Sans alternative digne de ce nom, les Chemins de Fer du Bocq, qui relient Yvoir à Ciney, feront face notamment à des problèmes d'adhérence et de sécurité sur les voies.

 

Il faut se rendre compte qu'un engin de 110 tonnes sur de l'herbe pâtine et glisse. En plus, les racines des arbustes s'incrustent sous le ballast et endommagent les voies. Il y a aussi énormément de graminées qui encrassent les engins. Cette année, nous avons dû faire un entretien préventif des filtres de la climatisation à cause de cela.

L'interdiction de désherbant chimique pourrait aussi avec des conséquences sur la visibilité des conducteurs de train.

 

Il y a des animaux qui se cachent dans les fourrés, à proximité des voies. Avant, quand c'était bien dégagé, le conducteur voyait les animaux au loin. Maintenant, on risque de les heurter.

Les chemins de fer touristiques ont introduit une demande de dérogation au-delà du 30 juin prochain qui semble être sur la bonne voie, comme l'affirme Céline Tellier, la ministre wallonne de l'environnement:

 

Sur la demande de prolongation de trois mois de cette dérogation, je ne suis pas contre politiquement. Je peux comprendre la difficulté en fin de mandat d'assurer un tuilage avec le prochain gouvernement.

On peut se demander à quoi bon gouverner à coups de dérogations ? La ministre réagit:

Garder la maitrise de ces dérogations et ne pas être dans une autorisation sans fin de l'utilisation de ces produits permet de maintenir une certaine ambition dans les actions proposées par les acteur ferroviaires. Les sciences évoluent, la technologie aussi.

La ministre est donc favorable à une dérogation mais ne donne aucune date quant à une décision gouvernementale, ce qui inquiète le secteur.

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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