Le conseil communal dinantais a voté le budget 2017 mais les critiques les plus virulentes sont venues d’une conseillère de la majorité, Marie-Christine Vermer.
Marie-Christine Vermer n'a pas mâché ses mots pour dire tout le mal qu'elle pensait du budget présenté par la majorité dont elle fait pourtant partie.
« Voter cela, ce serait une gifle à tous les Dinantais »
Ce qui fâche la conseillère, c'est l'écart entre les sommes prévues pour des investissements en matière sportive et celles consacrées au soutien aux commerces du centre-ville. Dans le budget extraordinaire, le Collège communal a prévu trois investissements de 80.000€, un pour l'achat d'un terrain de tennis à Anseremme, un deuxième pour l'achat d'un terrain de tennis couvert appartenant actuellement au grand-père de l'Echevine Margaux Pigneur (rue Pont D'Amour) et un dernier pour un terrain le long de la Meuse qui pourrait accueillir les clubs de kayak et d'aviron. Marie-Christine Vermer oppose cette somme de 240.000€ à celle de 40.000€, destinée à la redynamisation du centre-ville via des primes pour l'embellissement des façades.
« La disproportion est telle que c'est même de la mauvaise gouvernance. Cette ville est dans une période critique, le centre est dévasté. Le site que nous avons est une merveille mais il y a un moment où ça ne sera plus possible de remonter la pente. C'est au conseil communal de faire quelque chose. »
Le Bourgmestre, Richard Fournaux, qui, dans ce dossier, considère Marie-Christine Vermer comme un membre de l'opposition réplique qu'un budget est une intention, « ce n'est pas parce que vous mettez quelque chose au budget que vous allez nécessairement le faire. » Avec Christophe Tumerelle, l'Echevin en charge du commerce, il détaille les mesures prises en faveur du commerce.
Outre l'embellissement des façades, le Bourgmestre annonce son intention de faire appel au Ministre Marcourt qui vient de présenter une stratégie de développement et de soutien des commerces en Wallonie. Structurée en 36 mesures, cette stratégie vise notamment les villes en chantier. Il poursuit :
« On a voulu baisser les taxes sur les commerçants mais savez-vous qu'il n'y en a plus ? Le problème, ce sont les loyers. Certains propriétaires demandent des loyers beaucoup trop élevés. »
Christophe Tumerelle renchérit :
« Trouvez-moi la formule légale qui permet d'aider directement les commerçants ! Puis, dire qu'il n'y a que la prime à l'embellissement des façades inscrite au budget, c'est faux ! Il y a des budgets prévus pour du mobilier urbain, pour l'éclairage, pour la signalétique. Tout cela contribuera à l'attractivité du centre. »
Les arguments ne semblent pas convaincre Marie-Christine Vermer. Elle exige qu'une somme équivalente aux investissements en matière de sport soit réservée à la redynamisation du centre-ville. Le Collège refuse et donc, au moment du vote, elle se prononce contre le budget, tout comme l'ensemble de l'opposition cdH, PS et Ecolo.
Achat de l'ancienne poste, le cdH entendu
Bien que moins virulente que Marie-Christine Vermer, l'opposition est, sans surprise, assez critique avec le budget présenté. Laurent Belot (PS) et Axel Tixhon (cdH) regrettent notamment la forte pression financière et fiscale que subissent les Dinantais.
Sur un point, cependant, l'opposition humaniste a été entendue : 500.000€ ont été réservés pour l'achat du bâtiment de l'ancienne poste, situé en face de l'hôtel de ville. Cet espace pourrait être aménagé pour accueillir, entre autres, les bureaux de l'état civil et de la population. Cela permettrait aux employés communaux de travailler dans de meilleures conditions et d'accueillir les citoyens en toute discrétion.