Sécheresse

Même en hiver, Rochefort fait face à une pénurie d'eau

publié le:22/12/2022 18:03:00 - mis à jour: 23/12/2022 17:34:47

Presque chaque été, Rochefort est en proie à des pénuries d'eau. Mais cette fois, le problème s’est posé le week-end dernier sur les hauteurs de la ville, signe que les réserves sont au plus bas en plein hiver.

Fontainier depuis cinq ans à Rochefort, Jérôme Vanalderwerelt n'avait jamais observé des réserves d'eau aussi basses à cette période de l'année. Actuellement, le réservoir de la station de pompage du Thier d'Ohet est rempli à seulement 37 % de sa capacité.

 

En temps normal, on doit se situer autour des 60 pourcents, soit près du double. Les consommations sont fort basses parce que la Tridaine nous donne très peu de mètres cubes.

La Tridaine, c'est la principale source d'alimentation en eau potable de Rochefort. Mais le week-end dernier, deux puits supplémentaires ont dû être réquisitionnés chez les moines de l'abbaye trappiste, pour venir en aide aux habitants des hauteurs de la ville, privés d'eau suite à des fuites sur le réseau causées par le dégel.

 

On est déjà tout juste au niveau de l'eau. Dès qu'on a un couac ou une fuite comme c'était le cas vendredi passé, le niveau des réservoirs chute de suite. Pour récupérer de l'eau, c'est la galère. Si on avait pas eu les deux puits en complément pour alimenter les réservoirs, les riverains n'auraient toujours pas récupéré l'eau sur le haut de Rochefort.

Rochefort, une région plus encline à la sécheresse

 

Les chiffres et les statistiques l'attestent, l'année 2022 est la deuxième plus sèche et plus chaude de ces 30 dernières années en Belgique. Mais en Famenne, plus qu'ailleurs sur le territoire, le manque de précipitation est problématique. Pascal Mormal, météorologue, nous donne la raison:

 

Rochefort se situe dans la Calestienne, une région avec un sous-sol calcaire où il y a très peu de réserves au niveau des nappes phréatiques. Elle est donc rapidement exposée à des problèmes de sécheresse, en particulier cette année.

 

La situation ne risque pas de s'améliorer à l'avenir, avec un contraste entre des périodes très sèches et d'autres très pluvieuses.

 

On est de plus en plus amenés à se confronter à des problèmes, soit de sécheresse intense prolongée, soit des pluies extrêmement abondantes comme l'année dernière. Quelque part, l'idéal est d'avoir des pluies régulières qui percolent les sols de manière constante.

Pour parer à d'éventuelles futures pénuries d'eau, les autorités rochefortoises continuent d'explorer les sols à la recherche de nouvelles sources d'eau potable. Un budget de 100.000€ y sera consacré en 2023.

 

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

Revoir Le Journal

CDJ

22H30