Economie

Plus que six ans de sursis pour Lhoist: et si la solution venait de terres agricoles?

publié le:28/10/2020 09:07:00 - mis à jour: 28/10/2020 17:33:58

Agrandir la carrière "en surface" sur 14 hectares en rognant sur une terre agricole: le nouveau plan de Lhoist pour maintenir l'activité à On/Jemelle 14 années supplémentaires.

On le sait, un bras de fer sans fin oppose les moines Trappistes de l'Abbaye de Rochefort et la société Lhoist. La première défendant corps et âme la propriété de son eau chère à la fabrication de sa célèbre bière, l'autre invoquant la stricte nécessité d'agrandir la carrière dont les ressources s'amenuisent d'année en année.

Bloquée par des procédures judiciaires qui n'en finissent pas, et n'étant pas en mesure d'effectuer ses tests de pompage (tests qui ne constituent qu'une étape préalable à l'extension), l'entreprise Lhoist étudie aujourd'hui une nouvelle option de survie: l'agrandissement de la carrière via des terres agricoles.  

Etendre la carrière sur des terres agricoles

La société annonce son intention de demander un révision partielle du plan de secteur visant à convertir 14 hectares de terres agricoles lui appartenant en prolongement de la carrière de Rochefort, comme l'explique Laurence Indri, responsable des relations extérieures chez Lhoist:

Lhoist ne dispose plus en effet de réserves autorisées que pour alimenter son usine de On/Jemelle durant environ 6 années. Cette nouvelle procédure devrait permettre d'obtenir 14 années supplémentaires de réserves, soit au total 20 années d'exploitation.

Mais une nouvelle fois, la procédure s'annonce longue. L'entreprise devra d'abord obtenir une décision du gouvernement wallon modifiant le plan de secteur à cet endroit pour en faire une zone d'extraction, puis obtenir un permis unique alliant modification du relief de sol et conditions d'exploiter la carrière sur cette nouvelle zone.

Une extension en surface

Contrairement au premier projet qui prévoyait l'approfondissement de la carrière de la Boverie, il s'agirait dans ce cas-ci d'une extension en surface, poursuit Laurence Indri:

Ce projet permettra l'approvisionnement en calcaire de l'usine de On/Jemelle et n'aura, considérant l'exploitation qui a déjà lieu actuellement, qu'un impact supplémentaire limité. Comme il s'agit d'une extension en surface, l'exploitation ne sera pas plus profonde que la carrière actuelle.  En terme de mobilité, aucune nouvelle infrastructure ne devra être construite. Le transport entre la carrière de la Boverie, le site de transformation de On/Jemelle et la carrière dite « Devant le Gerny » se fera via la route privée de Lhoist en croisant des routes communales. 

Une réunion publique d'information sera organisée dans les prochaines semaines pour donner les détails du projet et permettre aux personnes concernées de poser les questions nécessaires et faire part de leurs commentaires et suggestions. Une étude d'incidence sera réalisée et le projet sera soumis à enquête publique. 

Lhoist espère pouvoir débuter cette nouvelle exploitation, en surface donc, dès 2026.

Morgane Halloy, Rédactrice en chef adjointe
morgane.halloy@matele.be

 

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