Une personne est décédée aux soins intensif après avoir fait un malaise sur le parking de l’hôpital du CHU-UCL Namur à Godinne. Des témoins se questionnent. Pourtant, la procédure a été respectée par l'hôpital.
L'affaire a fait grand bruit la semaine dernière. Les services d'urgence de l'hôpital universitaire CHU UCL Namur de Godinne ont été appelés après le malaise d'un patient sur le parking de l'hôpital. Conformément au protocole applicable sur la voie publique, le personnel a attendu les instructions de la centrale d'appel 112 avant d'intervenir. Le règlement interdit au personnel des urgences d'intervenir en dehors des locaux de l'hôpital. Une procédure critiquée par des témoins de la scène. Pour Frédéric Feye, chef du service des urgences, cette situation résulte du respect des règles en vigueur :
Pour tout ce qui se passe dans l'hôpital, c'est régi par le règlement interne de l'hôpital. Pour ce qui se passe à l'extérieur, ça concerne tout le fonctionnement de l'aide médicale urgente comme pour votre domicile ou pour un accident de la route, par exemple. Ça peut sembler révoltant que du personnel ne sorte pas de l'hôpital pour porter assistance. Porter assistance, c'est la base du métier de médecin et en particulier aux urgences, mais les choses doivent être réfléchies et il ne faut pas réaliser des actions qui peuvent être contre-productives.
"C'est le 112 qui décide des moyens à envoyer sur place"
Lorsqu'une personne nécessite une assistance médicale à l'extérieur des bâtiments, c'est la centrale 112 qui doit être contactée en priorité. Cette centrale, gérée par le Service Public Fédéral, coordonne l'envoi des ressources nécessaires sur place.
C'est la centrale d'appel 112 qui décide des moyens à envoyer selon des grilles d'évaluation. Ce sera soit une ambulance simple, soit un véhicule SMUR avec médecin et infirmier. Ça peut sembler être une perte de temps, mais ça peut s'avérer important puisqu'il y a peut-être des besoins spécifiques pour l'intervention concernée, pour le transport de la personne, par exemple. C'est sûr que si c'est à la porte de l'hôpital, un service d'urgences interne pourra intervenir.
Lors de l'incident de la semaine dernière, la centrale 112, au vu des éléments qu'elle avait en sa possession, a évalué que la gravité de la situation ne justifiait pas le déplacement d'une équipe SMUR, présente sur place, et a décidé d'envoyer une ambulance de la caserne d'Yvoir, située à 11 minutes de l'hôpital. La direction générale de la sécurité civile, en charge du 112, n'a pas souhaité s'exprimer sur cet incident car une enquête est en cours. Mais le porte-parole Damien Dermaux, nous explique la prise de décision des moyens à mobiliser lors d'une urgence:
La phase du début d'appel d'urgence est cruciale. C'est à ce moment-là que l'opérateur va pouvoir poser toute une série de questions. En fonction des réponses et du niveau de gravité, il va pouvoir déterminer quel type de secours envoyer sur place. C'est vrai que c'est un protocole qui peut paraître rigide. Mais je rappelle que le 112 reçoit entre 4 et 5 millions d'appels par an... Forcément, cela nécessite une structure.
Des procédures respectées
Le personnel des urgences, pour sa part, ne peut quitter son poste, d'une part pour assurer le suivi des patients déjà pris en charge et d'autre part parce que leur rôle à l'extérieur des murs de l'hôpital est différent de leurs fonctions habituelles, explique Frédéric Feye :
Si on est sur une prise en charge aiguë, il est clair qu'on ne peut pas la laisser de côté pour une autre urgence. Il faut que les personnes soient formées aussi. Intervenir en dehors de l'hôpital, ce n'est pas la même chose. Il y a aussi des contraintes logistiques, le matériel prévu dans l'hôpital n'est pas le même que celui que l'on retrouve dans les véhicules SMUR.
Des témoins de la scène dénoncent un cas de non-assistance à personne en danger, une accusation que l'hôpital a démentie dans un communiqué. Selon l'établissement, une assistance a bien été apportée dès que le médecin urgentiste a contacté la centrale 112. À la suite de cet incident, le CHU UCL Namur a exprimé sa compréhension pour la douleur et les interrogations soulevées. Les autorités compétentes affirment cependant que toutes les procédures ont été suivies pour garantir la meilleure intervention possible auprès du patient.
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