Rochefort/Tridaine : Lhoist introduit une nouvelle demande de permis
publié le:07/11/2016 13:37:00 - mis à jour: 07/06/2017 11:11:35
Lhoist Industry a introduit une nouvelle demande de permis pour réaliser des tests de pompage en vue d’une extension de la carrière de la Boverie à Rochefort. Ils mesureront l'impact sur la source Tridaine.
Le géant carrier Lhoist vient d'introduire une nouvelle demande de permis dans le cadre de son projet d'extension de la carrière calcaire de la Boverie à Rochefort. Comme en 2013, le leader mondial de la chaux demande l'autorisation d'effectuer des tests de pompage pour savoir s'il est possible de creuser plus profondément dans la nappe aquifère sans porter atteinte à la source de la Tridaine. Celle-ci alimente en eau une partie des habitants de Rochefort et l'Abbaye qui produit la bière Trappiste. En 2013, Lhoist avait déjà obtenu cette autorisation de l'administration wallonne malgré les réclamations des moines Trappistes et des défenseurs de la Tridaine. Mais en janvier 2014, le Ministre wallon de l'Environnement, Philippe Henry avait décidé de retirer le permis au groupe Lhoist Industrie suite à un recours introduit par l'Abbaye. Le ministre estimait qu'il n'avait pas obtenu la certitude que les essais de pompage n'auraient pas une incidence sur la qualité de l'eau de la Tridaine
Une demande identique?
Deux ans et demi plus tard donc, Lhoist réintroduit une seconde demande quasi identique à celle de 2013 explique la porte-parle de Lhoist, Laurence Indri.
"En 2013, nous avions introduit deux demandes de permis auprès de la région wallonne (urbanisme et environnement). La réforme de la législation wallonne en matière d'aménagement du territoire a été modifiée et impose aujourd'hui un permis unique. Nous avons donc introduit une demande de permis unique. Mais sur le fond, notre demande est semblable à celle de 2013. Nous avons cependant apporté des garanties supplémentaires concernant par exemple les spécificités liées à la zone Natura 2000 sur laquelle nous nous trouvons. Nous avons également joint au dossier le texte de l'étude hydrologique réalisée..."
En avril 2014, Lhoist avait introduit un recours au conseil d'État contre la décision du Ministre Henry. La procédure est toujours en cours.
Via leur porte-parole, Christophe De Doncker, les moines Trappistes ont annoncé que leur position serait identique à celle de 2013.
«Nous n'avons pas encore eu le temps d'examiner l'entièreté du dossier. Mais au vu de l'intitulé de la demande, nous ferons sans doute un copier-coller des réclamations de 2013».
Une enquête publique
L'enquête publique débute ce lundi 7 novembre. Le dossier est à consulter à l'administration communale de Rochefort où les réclamations peuvent introduites jusqu'au 21 novembre, date de clôture de l'enquête. Le fonctionnaire délégué et le fonctionnaire technique de la Région Wallonne devront rendre leur décision pour le 24 janvier.
Lhoist Industrie souhaite approfondir la Carrière de la Boverie pour exploiter les réserves de pierre calcaire présentes sous le niveau actuel de la carrière. En 2023, les réserves autorisées par le permis d'exploitation actuel seront épuisées. Sans autorisation d'extension, la carrière fermerait définitivement ses portes. Une centaine de personnes travaillent sur le site de Jemelle. Mais d'après une enquête de l'UCL en 2014, 468 emplois au total seraient menacés si l'activité d'extraction du calcaire devait cesser à Jemelle.
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