Economie

Vers la fin des micro-brasseries ? À la Brasserie Minne, "On s'en sort, mais c'est tout juste !"

publié le:06/12/2023 17:16:00 - mis à jour: 07/12/2023 16:45:18

Il en a fleuri un peu partout en Belgique pendant la période Covid, Aujourd'hui, les micro-brasseries connaissent une période amère. Elles sont de plus en plus nombreuses à faire faillite chaque année.

La Brasserie Minne à Baillonville produit une quinzaine de bières depuis 2008. Pourtant, les affaires sont moins florissantes ces dernières années, explique le propriétaire, Philippe Minne.

Nos ventes se stabilisent, on est un peu en dessous de l'année passée, mais nous ne sommes plus en progression. Il est vrai que nos marges ont été largement réduites avec l'augmentation des prix. On s'en sort, mais c'est tout juste !

Les consommateurs préfèrent une bière moins chère

La Brasserie Minne n'est pas la seule à rencontrer des difficultés. Cette année, une trentaine de micro-brasseries ont fermé leurs portes en Belgique. C'est une importante chute après avoir connu un beau succès pendant la crise sanitaire, atteste Corentin Hubert de l'ASBL “bièrez-vous ?”, une association qui promeut la bière artisanale.

Il y a eu un véritable engouement pour les micro-brasseries pendant la période du covid. Depuis la fin de la pandémie, les consommateurs sont retournés vers des produits plus industriels. De plus, avec l'augmentation des prix, la bière artisanale coûte plus chère. Le choix devant le rayon se fait aussi en fonction de son portefeuille.

Un phénomène qui risque d'encore s'accentuer

Ajoutez l'augmentation du prix des matières premières, la hausse des prix de l'énergie et la baisse des ventes de bières dans l'HoReCa. Il n'en faut pas plus pour avoir raison des plus petites structures. Pour Corentin Hubert, ce phénomène risque d'encore s'accentuer.

Je pense que les bières d'étiquette (des bières qui ne sont pas produites par la marque mais pas un autre brasseur) vont de moins en moins se vendre. Généralement, ces bières-là sont brassées dans des brasseries artisanales qui, elles, ont de gros investissements et qui comptent sur ces productions-là pour vivre et amortir les investissements.

Du côté de la Brasserie Minne, on veut rester positif concernant l'avenir du secteur.

Je pense qu'il va y avoir un écrémage dans la multitude de brasseries qui existe. Il existe aussi des pico-brasseries, encore plus petites, où généralement les gens ont une activité complémentaire en plus de la brasserie, donc c'est peut-être une solution.

Ces structures tellement petites sont peut-être moins sensibles aux crises. De quoi peut-être assurer la pérennité des bières artisanales et continuer à étancher la soif des consommateurs.

Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

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