Santé
"Vite fait et pas bien fait" : la qualité des soins à domicile pâtit du sous-financement du secteur
publié le:24/05/2023 12:37:00 - mis à jour: 25/05/2023 12:28:36
Les infirmières à domicile dans les gares pour sensibiliser la population aux difficultés du secteur qui est sous financé. Les travailleurs l'ont rappelé au ministre de la santé Frank Vandenbroucke
Refinancer les soins à domicile à leur juste valeur, c'est la demande des travailleurs du secteur. Une révision du mécanisme d'indexation des honoraires semble aussi indispensable. Anne-Sophie Paquet, conseillère soins infirmiers à la Fédération des Centres de Services à Domicile résume la problématique :
Le secteur des soins de santé à domicile est en souffrance à cause du sous-financement structurel. Donc, la nomenclature INAMI n'est plus à jour. Elle est obsolète. Le financement est tellement inférieur que les soins à domicile ont du mal à survivre. De plus, on a une indexation annuelle et cette indexation n'est pas équivalente à l'inflation du coût de la vie.
La situation actuelle impose à ces infirmières de réduire la qualité des soins et le temps passé auprès des patients. Ce qu'elles estiment inadmissible. Ce que confirme Catherine Paquet, responsable de l'ASD de Ciney :
On a de moins en moins de temps pour s'occuper des patients parce que pour équilibrer le budget, pour une rentabilité et un équilibre, il faut absolument augmenter le nombre de soins par jour et ça engendre du stress, tant pour le personnel soignant que pour les patients qui traverse en courant pour faire ses soins.

Le financement des actes posés chez les patients est tellement bas que les infirmières sont contraintes de multiplier les visites sur une journée. Vite fait et pas bien fait, au détriment des besoins et du confort des patients, déplore Catherine Paquet :
Parfois certains patients ne voient sur la journée que l'infirmière qui passe pour faire leurs soins. Et donc, arriver en courant et devoir repartir alors que le patient est en train de nous parler et qu'on court vers la porte parce qu'on sait qu'on a d'autres soins, c'est compliqué.
"On n'est plus à l'équilibre depuis quelques temps"
Inadéquation des nomenclatures par rapport à l'évolution des soins à donner, sous financement. Il est temps de se pencher sur ces questions d'autant que l'accompagnement des patients à domicile est en augmentation constante et que la complexité des prestations s'accroît. Anne-Sophie Paquet :
Depuis quelque temps, on est plus à l'équilibre. On est vraiment en déficit, tellement le sous-financement est étranglant.
La survie des soins infirmiers à domicile, c'est l'enjeu de cette sensibilisation de la population. Les infirmières ont décidé de faire entendre leur voix et de soumettre leurs revendications au ministre de la Santé Frank Vandenbrouck. 1,8 milliard d'euros, c'est ce qui lui sera réclamé pour rééquilibrer le budget alloué aux soins à domicile.