Bois
Vresse-sur-Semois : renforcement des contrôles pour l'affouage
publié le:19/01/2023 18:01:00 - mis à jour: 20/01/2023 18:43:44
La commune renforce les contrôles sur l’affouage sur son territoire : cette tradition ancestrale qui permet aux habitants d’acheter du bois à couper à moindre cout donne parfois lieu à des dérives.
Chaque année, les habitants de Bagimont se réunissent dans une maison du village pour la distribution des affouages. Ce droit ancestral permet aux citoyens de Vresse-sur-Semois d'obtenir une part de bois à couper pour se chauffer l'hiver. C'est lors d'un tirage au sort que les habitants découvrent la parcelle qui leur est attribuée pour cette année. Michel Hansen, villageois, a obtenu le lot numéro 17.
Ca m'a l'air bien situé et facile d'accès… Maintenant, il faut voir sur place peut être que ça ne l'est pas ! C'est le jeu, on ne sait pas sur quoi on va tomber, on verra ce que ça donne.
Un droit menacé ?
Au delà d'un droit, l'affouage est devenu une véritable tradition ardennaise. C'est un agent du DNF qui sélectionne les lots au sein de bois communaux. Au total, plus de 600 parcelles sont attribuées à tous les habitants de la commune qui le souhaitent. Pourtant, ce droit pourrait être menacé, explique l'échevin des forêts, Frédéric Martin.
Notre objectif est de faire perdurer le plus longtemps possible cette tradition mais plusieurs éléments la mettent à mal. Premièrement, la forêt n'a pas assez de temps pour se régénérer, et donc, nous allons devoir mettre distribuer des parcelles qui sont de moins en moins accessibles. Finalement, il y a aussi le problème des personnes qui abusent de ce droit d'affouage à des fins commerciales.
Un trafic difficile à contrôler
En échange de quelques stères, certaines personnes proposent à des habitants, souvent âgés, d'aller couper leur bois à leur place… et revendent le reste au prix fort. Un commerce qui peut rapporter gros : 600 euros pour les 15 stères d'un lot alors que la commune n'en demande que 60 euros. Un trafic difficile à contrôler, précise l'échevin.
Les agents du DNF peuvent contrôler les personnes qui sont en train de couper le bois et s'assurer que si elles le font pour d'autres, que celui-ci soit bien remis aux personnes qui ont obtenu la part. Par contre, une fois que le charroi arrive sur la route, c'est la police qui peut contrôler. Nous jonglons avec deux entités judiciaires et nous essayons d'arriver au bon moment pour intercepter les personnes qui trichent.
La commune ne reste pas les bras croisés, certains contrôles ont déjà été faits.
L'agent chargé de constater a déjà organisé une tournée dans les villages parce que certaine personne prétendait à une part d'affouage alors qu'ils n'avaient même pas de poêle à bois.
Pour cette année, les parts ont toutes été attribuées. Les affouagers ont à présent ont un an pour aller couper leur bois.