Environnement

Changements climatiques : nos papillons en danger

publié le:07/09/2023 08:53:00 - mis à jour: 07/09/2023 18:44:29

Chaque été, l'association Natagora lance un grand recensement des papillons et invite les citoyens à se joindre à elle. Les résultats sont connus. On a observé moins de papillons cette année.

L'argus bleu nacré est un papillon de jour dont la population est en déclin depuis plusieurs années. On le trouve encore en grand nombre sur des sites bien spécifiques comme, par exemple, au belvédère de Han-sur-Lesse. Un site exceptionnel de par la biodiversité que l'on y retrouve. Patrick Lighezzolo, responsable de Natagora Famenne, détaille :

 

Il y a une falaise calcaire et une pelouse calcicole. L'orientation sud et le sol calcaire font qu'on retrouve ici une communauté de plantes à fleurs qui sont très attractives pour les papillons.

Comme de nombreuses autres espèces, l'évolution de la population d'argus bleus nacrés est analysée depuis de nombreuses années. Philippe Goffart, attaché scientifique pour le Service Public de Wallonie :

 

Les changements sont assez rapides et c'est ce qui est inquiétant parce que toutes les espèces ne vont pas pouvoir s'adapter de façon assez rapide.

Une disparition progressive mais inéluctable ?

Patric Ligghezzolo étudie le moiré sylvicole depuis plus de 30 ans. Il observe la disparition progressive de l'espèce. En 10 ans, il a vu ses chiffres passer de 600 individus observés à 15 cette année.

On constate l'effondrement de la biodiversité. Les espèces qui sont les plus fragiles ou les plus exigeantes par rapport à leur milieu de vie sont les plus menacées. Le moiré sylvicole fait partie de cette liste. Les effets de sécheresse consécutifs depuis 2016 peuvent avoir un impact sur les papillons de jour. Imaginons une femelle du moiré pond sur un graminé qui sèche. Quand la chenille sera née, elle n'aura rien à manger.

Outre les changements climatiques, ce sont aussi les comportements des hommes qui fragilisent les populations comme la tonte des jardins mais aussi l'utilisation des engrais.

Les engrais favorisent l'herbe. Cela va pousser et étouffer le reste de la flore. Les fleurs sauvages ont besoin de terres plus pauvres. Leur disparition entraine celle des insectes.

Le papillon est une espèce fragile dont la survie dépend directement du milieu dans lequel il vit. Raison pour laquelle de nombreuses associations sensibilisent aujourd'hui la population à avoir des jardins sauvages et naturels pour préserver la flore nécessaire à la survie des espèces.

Fiorine Guéry, Journaliste
fiorine.guery@matele.be

 
 

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