Inondations

Corine Mullens devant la Commission inondations: "Chacun a fait ce qu'il a pu"

publié le:12/11/2021 15:32:00 - mis à jour: 14/11/2021 00:49:28

Corine Mullens devant la Commission inondations: "Chacun a fait ce qu'il a pu"

La bourgmestre de Rochefort a été entendue par la Commission inondations. Corine Mullens a retracé le fil des événements, tiré un premier bilan de la catastrophe mais aussi donné son ressenti personnel.

Après ses homologues de la vallée de la Vesdre et de l'Ourthe, c'était ce vendredi au tour de Corine Mullens, bourgmestre de Rochefort, d'être entendue par la Commission d'enquête parlementaire chargée d'examiner les causes et d'évaluer la gestion des inondations de juillet 2021 en Wallonie. Corine Mullens est revenue longuement sur la chronologie des événements ainsi que sur la manière dont elle a personnellement vécu et géré la crise.

« Je ne me suis jamais sentie seule »

Corine Mullens n'a pas porté d'accusation devant les parlementaires wallons, même si elle reconnaît d'emblée qu'elle n'a pas reçu d'alertes officielles sur ce qu'il risquait de se passer à Rochefort les 14 et 15 juillet. «A Rochefort, nous avons l'habitude de consulter les sites d'alerte météo».

La Bourgmestre de Rochefort retrace heure par heure voire minute par minute la montée des eaux et les décisions prises, notamment l'évacuation de tous les camps scouts dès le mercredi 14 en matinée et le déclenchement du plan communal d'urgences à 11h30.

Je ne me suis jamais sentie seule par rapport à cette crise. Je me suis toujours sentie soutenue par les services du Gouverneur.

Corine Mullens raconte aussi les évacuations, rue par rue, maison par maison où il faut convaincre les gens de partir. Jusqu'au moment fatidique où il vaut mieux rester chez soi parce que l'eau est montée trop haut.

J'étais persuadée qu'on allait retrouver des morts sur la commune de Rochefort. On a eu de la chance. A partir de deux heures du matin, on a dit aux gens de rester chez eux. On aurait pu avoir des bâtiments emportés.

« Chacun a fait ce qu'il a pu »

La bourgmestre de Rochefort ne pointe aucun dysfonctionnement majeur dans le soutien dont sa ville a pu bénéficier. Elle salue plutôt tous ceux qui, d'une façon ou d'une autre, ont aidé pendant ces moments difficiles. Contrairement à certaines communes sinistrées, Rochefort a pu compter dès le mercredi sur le soutien de l'armée (qui a notamment évacué le dernier camp scouts à Han-sur-Lesse) et de la protection civile.

 

Je tire mon coup de chapeau à toutes les personnes qui se sont mobilisées. On aurait préféré de ne pas la vivre mais c'est une expérience enrichissante, on a appris à travailler ensemble. Chacun a fait ce qu'il a pu. Les communes voisines nous ont envoyé du renfort, y compris des communes qui ne sont pas de la province. La solidarité a été extraordinaire.

« Corine, dépêche-toi, l'eau monte »

Corine Mullens est aussi largement revenue sur son expérience personnelle pendant la crise. Elle explique notamment le stress qu'elle a ressenti à l'idée de devoir annoncer des décès.

Vers minuit (la nuit du 14 au 15), les gens m'appelaient sur mon gsm personnel pour me dire, Corine, dépêche-toi, l'eau monte, il faut m'évacuer.

Elle a aussi témoigné du rôle parfois ingrat d'un bourgmestre pendant une telle crise.

On m'a reproché de ne pas être sur les lieux. J'ai dû faire face à la colère des gens. Je ne leur en veux pas. Ils me disaient si on avait eu des sacs de sable, ça ne serait pas arrivé. On a distribué des milliers de sacs de sable. Trois sacs de sable de plus n'auraient pas changé leur situation, mais je ne peux pas leur dire cela. On m'a dit que si les murs avaient cédé, c'était de ma faute. Mais nos états d'âme avec la casquette de bourgmestre, on doit les mettre de côté. Ce n'est pas facile d'aller sur le terrain. Le lieutenant Liétart, le chef de poste des pompiers de Rochefort, m'a dit de me préserver, de ne pas aller trop sur le terrain. Parce que sinon, je risquais de m'abîmer en y allant mais j'y suis allée.

Corine Mullens, qui a un autre emploi en plus de celui de bourgmestre, raconte qu'elle est restée trois semaines sans aller travailler pour se consacrer à temps plein à son rôle de coordinatrice de l'après-inondations.

 

 

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

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