Le marché couvert de Ciney, patrimoine de l’élevage wallon, accuse un déficit important en 2025. La Ville réfléchit à une reconversion partielle du site pour accueillir des entreprises.
Le marché couvert de Ciney traverse une période délicate. Symbole historique de l'élevage wallon, l'infrastructure est aujourd'hui en déséquilibre financier. Le nombre de bovins chute, les pertes s'accumulent… et l'avenir de l'outil interroge.
En 2025, on est descendu sous le seuil de rentabilité, fixé à 1 500 têtes en moyenne. Résultat : près de 100 000 euros de pertes sur le dernier exercice financier et des dettes qui s'accumulent. Pour l'échevin en charge du dossier, Frédérick Botin, la situation mérite une attention particulière:
Par rapport à la rentabilité du marché, on avait situé la barre à 1500 animaux comme chiffre symbolique. La moyenne de 2025 est en deçà puisqu'on est à 1420 animaux en moyenne commercialisés par marché, contre 1570 encore en 2024. Alors la situation n'est pas encore dramatique. Je ne voudrais pas qu'on pense qu'on est sur le point de fermer le marché. Mais gérer, c'est prévoir. Il faut donc se préoccuper de la situation.
Des mesures déjà mises en place
Première piste : réduire les coûts et ajuster les tarifs. La Ville de Ciney, propriétaire du site, a déjà commencé.
Il y a déjà toute une série d'actions qui ont été menées en 2025 et qui ont porté leurs fruits. On a légèrement revu les tarifs. Les opérateurs eux-mêmes ont dit : ce n'est plus indexé depuis des années, acceptons de revoir le tarif d'entrée. Et il y a aussi des pistes d'économies, par exemple le nombre de vétérinaires présents par rapport au nombre de bétail. Il pourrait diminuer, en accord avec l'AFSCA.
Une reconversion partielle à l'étude
Mais la Ville réfléchit déjà à un plan B, en collaboration avec le Bureau économique de la Province de Namur. La moitié du bâtiment pourrait être reconvertie en centre logistique et certains parkings transformés en zone d'activité économique, dans le prolongement des zonings de Biron et Condrolys.
Avoir des terrains à la marge ou une partie des parkings reconvertis pour créer une zone de service ou une zone d'activité économique, ça peut faire partie des plans qui, in fine, amènent de nouvelles rentrées à la ville et améliorent la rentabilité globale du site.
Un enjeu régional
Car au-delà de Ciney, c'est tout un outil régional qui est en jeu. Le marché couvert reste aujourd'hui un observatoire unique des prix du bétail en Wallonie. Sa disparition poserait une vraie question pour l'ensemble de la filière. La Ville souhaite d'ailleurs interpeller la ministre wallonne de l'Agriculture sur un éventuel financement public.
C'est un instrument qui sert à toute la Wallonie, un observatoire des prix en temps réel utile à la profession. Le marché couvert ne bénéficie d'aucun subside de fonctionnement, il est totalement autonome. Chaque semaine, il fournit une référence de prix pour toutes les catégories de bétail. C'est un rôle de service public important qui doit perdurer.
L'échevin cinacien se veut toutefois rassurant. Les derniers marchés ont été encourageants, avec entre 1 700 et 1 800 bovins par marché, bien au-dessus du seuil de rentabilité, ce qui laisse entrevoir un possible retour à l'équilibre.