HORECA

Pénurie de personnel : 7 mois que le chef du restaurant CCnomie à Dinant recrute, en vain!

publié le:08/08/2023 12:49:00 - mis à jour: 08/08/2023 16:30:10

Pénurie de personnel : 7 mois que le chef du restaurant CCnomie à Dinant recrute, en vain!
Pénurie de personnel : 7 mois que le chef du restaurant CCnomie à Dinant recrute, en vain!
Pénurie de personnel : 7 mois que le chef du restaurant CCnomie à Dinant recrute, en vain!

Les patrons des restaurants, brasseries et hôtels se plaignent de la difficulté d'engager du personnel. Selon eux, le désamour des travailleurs pour le secteur menace le niveau de qualité de leurs activités.

Cela fait sept mois que le chef dinantais David Coisman cherche désespérément un chef de salle pour son restaurant, à Falmignoul. Après avoir publié une annonce sur Facebook, partagée près de 800 fois, il ne reçoit aucune candidature. Six mois plus tard, par dépit, il modifie l'annonce. Cette fois, il n'exige du candidat aucune expérience professionnelle spécifique. Il explique la suite :

Là, j'ai reçu trois CV sur ces milliers de partages. Deux candidats n'étaient du métier et ne correspondaient pas du tout à nos attentes. On collabore aussi avec un chasseur de tête qui travaille sur la France et qui essaie de nous recruter quelqu'un. On est aussi dans trois agences intérim.

Les chômeurs trop bien payés ?

D'après David Coisman, les jeunes manquent de motivation pour se mettre à l'emploi. Il ajoute que ses clients indépendants font le même constat:

Tout secteur confondu: infirmiers, maçons, couvreurs... Ils sont tous à la recherche de jeunes motivés pour renforcer leurs équipes. Je ne veux pas me mettre à dos les chômeurs, mais il y a une trop faible différence entre ce qu'on peut gagner au chômage, 1.670 euros aujourd'hui, et un travailleur à temps plein qui va en chercher 1.800.

Adapter le métier à la réalité

Tout le secteur Horeca est touché par ce désamour du métier. Les écoles qui forment ces travailleurs voient aussi leurs inscriptions diminuer. Il est temps de restaurer la réputation de ce métier en tenant compte de la réalité d'aujourd'hui, estime Luc Marchal, le président de Fédération Horeca Wallonie:

La plupart des entreprises, comme vous l'avez sûrement remarqué, que ce soit des brasseries, des cafés, des restaurants, n'ont plus le même nombre de services. Cela permet au personnel d'avoir un confort de vie différent. Ensuite, très peu d'entreprises exigent qu'un bon ouvrier ou un bon collaborateur travaille tous les samedis et tous les dimanches.

Luc Marchal ajoute que si c'est l'affaire des restaurateurs, des hôteliers, des écoles, c'est aussi celle des clients :

Il est terminé le temps où, quand on allait au restaurant, ou même boire un verre, on restait parfois deux heures, avec une tasse de café devant soi, jusqu'à quatre heures ou cinq heures de l'après-midi, ou jusqu'à minuit le soir. Il faut que tout le monde participe involontairement ou volontairement à cet effort promotionnel.

Une menace pour la qualité des services ?

Actuellement, David Coisman renforce son équipe avec des étudiants. La solution est temporaire et ne résout pas sa recherche de personnel qualifié. Hors de question pour lui de diminuer le nombre de couverts ou de jours d'ouverture. Rentabilité oblige, mais il craint que la pénurie de main-d'œuvre qualifiée et motivée constitue une menace pour la qualité des services exigés par la clientèle.

Un jour ou l'autre, c'est votre ami facteur qui voudra combler la fin de son mois, qui voudra faire un extra chez vous. Sauf que vous, quand vous allez lui demander un conseil en vin, il ne va pas savoir vous répondre.  

Difficile de dire dans quel camp se trouve la solution à cette pénurie de personnel dans ce métier qui reste distributeur de bonheur.
 

L'offre d'emploi pour le CCNomie 

Isabelle Martiat Journaliste
isabelle.martiat@matele.be

 

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