Politique

Premier conseil communal en visioconférence à Dinant: la forme change, les oppositions demeurent

publié le:10/11/2020 11:59:00 - mis à jour: 10/11/2020 17:26:52

Crise sanitaire oblige, le conseil communal dinantais s’est réuni virtuellement. Il a notamment été décidé de mettre de l’argent de côté dans le cadre du dossier des pensions qui oppose le CPAS au CHU.

Nombreux sont les travailleurs à avoir découvert ces derniers mois les joies des réunions en vidéoconférence. Entre ceux qui oublient de brancher leur micro et celles qui vivent dans des zones où Internet patine, entre ceux qui n'ont plus de batterie et celles qui chuchotent pendant qu'un autre parle, tous les télétravailleurs connaissent les petits aléas de ces réunions virtuelles. Le conseil communal dinantais n'a pas dérogé à la règle ce lundi soir.

En raison de la crise sanitaire, le conseil communal de Dinant était en effet organisé pour la première fois virtuellement et diffusé en direct sur internet. Si la forme était inédite, sur le fond, les oppositions entre majorité et minorité sont restées les mêmes, la majorité actuelle accusant la précédente de n'avoir rien fait dans tel ou tel dossier, l'ancienne ayant exactement les mêmes reproches pour l'équipe actuellement au pouvoir.

Le dossier des pensions du CPAS

Le dossier qui a particulièrement été débattu concerne les pensions des travailleurs du CPAS qui exerçaient au sein de l'hôpital dinantais. L'affaire est très technique mais elle pourrait avoir des conséquences financières importantes pour le budget communal dinantais.

Pour bien comprendre, il faut remonter plus de dix années en arrière. En 2009, le CPAS de Dinant vend pour quatre millions d'euros les parts qu'il détient dans ce qui s'appelle alors le centre hospitalier de Dinant. Le repreneur s'engage à garder l'ensemble du personnel qui était jusque-là employé par le CPAS. Parmi ce personnel, on compte 136 «statutaires».

Depuis 2009, deux éléments ont changé. D'une part, les 136 personnes ont vieilli et, pour certaines d'entre elles, ont pris leur retraite. D'autre part, le fédéral a changé la donne en matière de pensions du personnel des pouvoirs locaux. Il a créé la cotisation de responsabilisation. Pour faire simple, les pouvoirs locaux sont tenus de participer à la pension de leur personnel statutaire.

Depuis plusieurs années, le CPAS dinantais et le CHU s'opposent pour savoir à qui il revient de payer la facture.

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Mettre l'argent de côté au cas où...

Ce lundi, la majorité a décidé d'accorder une dotation exceptionnelle au CPAS et de transférer sur son fond de réserve, la somme de 384.000 euros. Ce montant est issu des boni antérieurs et devrait permettre au CPAS de faire partiellement face à une éventuelle condamnation à payer les fameuses pensions. «C'est une astuce comptable, c'est finalement une décision assez peu politique», commente le bourgmestre, Axel Tixhon.

Sur le principe, l'opposition n'est pas contre, mais elle souhaite que l'argent reste sur un compte de la ville. Victor Floymont regrette que le CPAS ne cherche pas des solutions ailleurs et considère la ville comme «une vache à lait». L'expression fait évidemment bondir Delphine Claes, la présidente du CPAS.

Finalement, l'amendement de l'opposition est rejeté, un de ses membres, Niels Adnet, apparemment en panne de batterie pour sa tablette, ne prenant pas part au vote. Christophe Tumerelle fait alors acter qu'il conteste le résultat du vote. Plus tard dans la soirée, l'échevin Stéphane Weynant le surnommera «Trump-erelle». Quand on vous disait que si la forme était inédite, les oppositions restaient les mêmes…

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

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