Majorité et minorité ont mis leurs dissensions de côté au moment d’affronter le Covid. Résultat : un climat politique chaleureux et constructif.
Il ne faut pas être grand climatologue pour constater qu'à Hastière, le climat politique s'est nettement réchauffé. Et à Hastière, c'est une bonne nouvelle : les précédents et récents épisodes de « glaciation » finissaient par instaurer un environnement peu propice aux élans collectifs…
Le premier à le souligner est André Boulanger, élu EMC :
On ne peut pas parler d'opposition, mais plutôt de minorité, car on ne s'oppose pas et on dialogue avec la majorité. Je crois que la minorité joue un rôle positif grâce à un esprit familial qu'on ne rencontre pas dans d'autres communes. C'est pour ça que la législature s'est améliorée : elle a corrigé le tir par rapport aux dernières élections en tenant mieux compte du travail de tout le conseil. C'est un mi-mandat bien supérieure aux précédentes dans le service aux gens, le bien-être du citoyen. La gestion du Covid a été remarquable.
Même constat de la part de Mathieu Morelle (Avenir), « l'enfant terrible » de la politique hastièroise :
Il y a plus de dynamique entre majorité et opposition : on a fait des propositions qui ont été entendues et on a approuvé le plan de soutien aux commerces pendant le Covid. C'était un chouette travail de collaboration. Et il faut souligner que tous les intervenants, les agents, les élus ont géré de manière exemplaire.
"Ma mandature la plus pénible"
Ce fameux Covid qui a permis l'union sacrée, justement, le bourgmestre Claude Bultot (En Avant) l'a vécu pour sa part comme « la mandature la plus pénible (qu'il ait) connue » :
J'aime le contact avec les gens, pour sentir le pouls, pour écouter les problèmes et les critiques, et améliorer les choses. Je suis orphelin de cela. On sent un désarroi chez les élus et dans la population à ce sujet. Mais c'est aussi un motif de fierté, on s'est battu pour avoir le centre de vaccination, cela a pris ensuite une énergie folle, mais on a rendu service, et j'en suis fier.
Le bilan tracé par la minorité n'est néanmoins pas exempt de tout reproche ; on peut être unis sans perdre son esprit critique.
André Boulanger pointe par exemple la communication comme point noir de l'action collégiale :
La communication vers les citoyens n'est pas suffisamment forte. Parfois le manque d'info devient même de la désinformation. La commune a un nouveau site web, superbe, très dynamique. Mais s'il n'est pas assez partagé sur les réseaux sociaux, les citoyens ne seront pas au courant. Proposer des services, ce n'est pas suffisant, il faut le faire savoir.
Un marché moribond
Autre exemple: sur le marché hebdomadaire en piteux état (un point fort discuté sur le groupe Hastiéroises, Hastiérois), Mathieu Morelle souligne une responsabilité communale :
Cela fait des années qu'on promet qu'il va être redynamisé, et rien ne se passe. Dans l'esprit du collège, il n'y a pas de projet de le relancer : il y a une asbl indépendante qui le gère mais il y a surtout un manque d'investissement de la part de la commune. Soit on assume le fait de ne plus voir le marché, soit on relance mais on relance bien : on démarche les maraichers, on se bouge.
Le bourgmestre assure que la commune va tenter de le relancer :
Comme d'autres marchés, il était moribond et le covid l'a tué. Le marché a été déserté par certains maraichers ; et il ne reste plus que du textile. On va refaire autre chose, relancer un marché saisonnier. Le but n'est pas le nombre de marchands mais une diversité de marchands, on va essayer quelque chose avec des producteurs locaux, du circuit court, etc. On va prendre son bâton de pèlerin et ressortir les coordonnées de tous les maraichers pour leur proposer de venir même gratuitement. Peut-être même envisager de déplacer le moment : peut-être que le samedi après-midi ne convient pas. Bref, sa relance n'est pas abandonnée.
Un coup de poing dans la rue Lespagne
Autre point de dissension : le nouveau centre culturel. « Un coup de poing dans la figure de la rue Lespagne » selon Mathieu Morelle :
Esthétiquement c'est plus que discutable : ça coupe la vue, et il a fallu déplacer une place pour handicapé. Il y a un souci de conception : avec le recul, on aurait clairement dû faire la salle ailleurs, à Récréar par exemple.
A l'inverse, Claude Bultot défend le choix du bâtiment :
C'est un tout gros dossier très positif pour la commune ! C'est vrai que l'aspect urbanistique a fait réagir, la couleur de la brique crée un bloc, mais si on voulait un batiment pour la culture et l'associatif, cela devait être fait là : l'espace avait été offert à la commune à la seule condition que cela se fasse là. Il faut surtout voir la manière dont il va être utilisé, car cela va devenir un lieu de vie important, je préfère mettre en avant le potentiel de l'outil.
Bon point pour l'enseignement
Dans les « gros dossiers » de la législature, l'enseignement, unanimement salué comme un point positif. Claude Bultot :
La rénovation totale de l'école de Hermeton s'est achevée en 2021, et le déménagement a eu lieu avant la fin d'année. On va attribuer bientôt le chantier de l'école d'Agimont, ce qui achèvera la rénovation de tous les batiments scolaires communaux !
André Boulanger met aussi en avant l'effort en matière d'enseignement et souligne les résultats :
Nous sommes une des communes qui a progressé le plus en population scolaire, ce n'est pas un hasard ! Non seulement les investissements nécessaires ont été effectués pour améliorer les infrastructures, mais d'autres facteurs jouent, comme la qualité de l'enseignement, les repas chauds : c'est l'ensemble des intervenants qu'il faut saluer.
A Hastière, on se dit manifestement les choses franchement, mais courtoisement: une démocratie locale qui fonctionne bien et dont d'autres communes pourraient s'inspirer.